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25/06/2015 03:12 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Syrie: l'EI de retour à Kobané et entre à Hassaké

Le groupe Etat islamique a repris pied dans la ville kurde syrienne de Kobané, cinq mois après en avoir été chassé, et a fait son entrée dans celle de Hassaké, dont elle tente de s'emparer depuis un mois, indique jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Ces percées dans des secteurs kurdes du nord de la Syrie interviennent après une série de revers des jihadistes face aux forces kurdes dans la province de Raqa (nord), notamment la perte de Tall Abyad, ville qui permettait au groupe extrémiste sunnite d'acheminer des armes et combattants depuis la Turquie voisine.

Des affrontements opposaient jeudi jihadistes et kurdes dans le centre de Kobané, une ville frontalière de la Turquie dévastée par quatre mois d'intenses combats fin 2014 qui avaient fait de cette cité un symbole de la lutte anti-jihadiste.

"Les jihadistes ont perpétré une attaque suicide dans le secteur proche du poste-frontière avec la Turquie, au moins cinq personnes ont été tuées", a indiqué le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane. "Des combats intenses ont ensuite éclaté, il y a des corps dans les rues", a-t-il ajouté, sans fournir de bilan.

L'EI avait tenté pendant quatre mois de prendre Kobané avant d'en être chassé en janvier par les forces kurdes appuyées par des raids de la coalition internationale.

A Hassaké, ville du nord-est de la Syrie que l'EI tente de prendre depuis près d'un mois, des jihadistes se sont emparés de deux quartiers auparavant sous contrôle du régime.

Au moins 20 jihadistes et au moins 30 membres des forces du régime ont été tués lors de violents affrontements toujours en cours jeudi dans cette ville dont le régime syrien et les forces kurdes se partageaient le contrôle. L'EI y est entré après avoir lancé le 30 mai l'offensive sur ce chef-lieu d'une province frontalière de la Turquie et de l'Irak, où le groupe extrémiste sunnite est également implanté.

D'après l'OSDH, l'attaque qui a permis à l'EI d'entrer dans la ville a débuté tard mercredi, à l'aide notamment d'au moins un attentat suicide contre un point de contrôle tenue par une milice pro-régime.

"Des combats violents continuent, avec des bombardements des deux côtés", a expliqué Rami Abdel Rahmane, qui a précisé que les deux quartiers pris par les jihadistes se trouvaient dans le sud de la ville. "Les civils dans ces secteurs fuient vers le nord de la ville", sous contrôle des forces kurdes, a-t-il ajouté.

Selon l'OSDH, une coalition de rebelles a par ailleurs lancé tôt jeudi une attaque contre des secteurs tenus par le régime dans la ville de Deraa (sud), bombardant des positions loyalistes de cette cité qui est partiellement sous contrôle de rebelles.

Des jihadistes du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et des combattants du groupe islamiste Ahrar al-Cham font notamment partie de cette coalition, d'après l'OSDH, qui dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie.

L'agence officielle SANA rapporte jeudi que des "terroristes ont visé des quartiers de Deraa avec des obus de mortier (...)" alors que la télévision d'Etat assure que "l'armée (syrienne) a déjoué" des attaques de "groupes terroristes" contre des positions militaires dans la province de Deraa.

La majorité de cette province méridionale est contrôlée par des groupes rebelles, qui y ont enregistré des gains territoriaux ces dernières semaine.

sah/bpe/cbo