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25/06/2015 05:24 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Pakistan: le bilan de la canicule monte à plus de 800 morts

Le bilan de la canicule qui frappe le sud du Pakistan est passé jeudi matin à plus de 800 morts, mais la situation s'améliorait grâce à un temps plus couvert et à la baisse des températures, notamment à Karachi, principal foyer de victimes.

Dans la plus grande ville et capitale financière du pays, les employés des morgues et cimetières s'efforçaient de faire face à l'afflux des cadavres, pour la plupart des pauvres qui n'ont pas résisté au brusque pic de chaleur du weekend dernier.

Les hôpitaux étaient toujours en état d'alerte, et des stands de soins installés à travers la ville pour traiter au mieux les milliers de victimes de coups de chaleur et déshydratation.

"Le bilan a dépassé les 800 morts, selon les données collectés jusqu'à minuit hier soir", a déclaré dans la matinée un responsable du ministère provincial de la Santé, Saeed Mangnejo, en prévenant qu'il pourrait s'alourdir dans les prochaines heures. Le précédent bilan, donné mercredi, faisait état de plus de 750 morts.

La météo à Karachi était plus favorable: après avoir atteint jusqu'à 45°C, les températures ont baissé à partir de mardi et devraient avoisiner les 34°C jeudi, avec des vents plus frais et une couverture nuageuse importante, selon les services météo locaux.

Cette canicule a commencé quelques jours après le début du ramadan, le mois saint de l'islam au cours duquel les musulmans pratiquants s'abstiennent de manger et boire du lever au coucher du soleil.

Pendant le ramadan, la loi pakistanaise interdit de manger ou boire en public pendant la journée.

La majorité des personnes décédées sont de pauvres travailleurs journaliers qui n'ont souvent d'autre choix que d'aller travailler sur des chantiers pour gagner de quoi manger, et ont été frappés de plein fouet par la canicule.

Face à la gravité de la situation, plusieurs dignitaires religieux ont appelé ces derniers jours les plus fragiles à ne pas jeûner, notamment à Karachi, en rappelant que cela était permis par le Coran "pour préserver la santé de ceux qui risquent de tomber malades ou mourir" en cas de jeûne prolongé.

Les effets de la canicule ont été aggravés à Karachi par des coupures d'électricité, quotidiennes dans le pays et qui privent de courant les ventilateurs et autres climatisations et perturbent le système d'adduction d'eau, déjà mis à mal par les détournements de canalisations sauvages dans certains quartiers ou bidonvilles de cette mégalopole tentaculaire de plus de 20 millions d'habitants.

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