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25/06/2015 09:46 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Les Pays-Bas s'excusent pour la mort de trois musulmans à Srebrenica

Les Pays-Bas ont présenté leurs excuses pour la première fois aux proches de trois musulmans tués lors du massacre de Srebrenica il y a vingt ans, après avoir été chassés d'une base militaire par des Casques bleus néerlandais, a annoncé jeudi le ministère néerlandais de la Défense.

Ces excuses font suite à une procédure judiciaire inédite: en septembre 2013, les Pays-Bas étaient devenus le premier Etat tenu responsable des actes de ses propres soldats opérant sous mandat des Nations unies.

Les victimes font partie des près de 8.000 garçons et hommes musulmans tués par les forces serbes de Bosnie lors du massacre de Srebrenica en juillet 1995, le pire en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale et dont la commémoration des vingt ans a lieu cette année.

"La ministre de la Défense Jeanine Hennis-Plasschaert s'est entretenue avec les proches et leur a présenté ses excuses", a indiqué le ministère dans un communiqué, précisant que cet entretien avec les proches avait eu lieu en juin 2014.

Un porte-parole du ministère a expliqué que l'Etat a attendu que la question des indemnisations soit réglée avant d'annoncer les excuses.

Le ministère de la Défense a en effet indiqué jeudi qu'un accord avait été trouvé avec les proches, sans préciser le montant concerné. Les Pays-Bas, où la question du massacre de Srebrenica est une question sensible, avaient annoncé en avril 2014 que ces derniers seraient indemnisés à hauteur de 20.000 euros chacun.

Mettant un terme à une bataille de plus de dix ans devant la justice néerlandaise, la Cour de cassation des Pays-Bas avait jugé en septembre 2013 que La Haye était responsable de la mort des trois hommes.

Les Casques bleus néerlandais du bataillon Dutchbat étaient chargés de la protection de l'enclave de Srebrenica en 1995.

Faiblement armés et peu nombreux, ils n'avaient pas résisté aux troupes du général Ratko Mladic, actuellement poursuivi pour génocide à La Haye devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

Les trois musulmans tués sont le père et le frère d'un interprète qui travaillait pour le Dutchbat ainsi qu'un électricien travaillant pour les Casques bleus néerlandais.

En juillet, la justice a par ailleurs estimé que les soldats néerlandais n'auraient pas dû évacuer plus de 300 hommes bosniaques réfugiés dans la base militaire néerlandaise près de Srebrenica, à Potocari.

L'Etat, dès lors tenu responsable de la mort de ces 300 personnes, a interjeté appel.

En 2002, le gouvernement néerlandais avait démissionné après qu'un rapport eut affirmé que l'Etat portait une partie de la responsabilité pour le drame de Srebrenica.

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