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25/06/2015 12:11 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Le Mozambique célèbre ses 40 ans d'indépendance en grande pompe

Le Mozambique a marqué mercredi ses 40 ans d'indépendance par une cérémonie que le Frelimo, au pouvoir depuis 1975, a voulu grandiose, avec défilé militaire, parade aérienne et festivités populaires, mais sans associer l'opposition.

"C'est dans ce stade qu'ont retenti les paroles teintées d'émotion par lesquelles Samora Machel proclama l'indépendance nationale", a déclaré le président Filipe Nyusi, évoquant le souvenir du premier président mozambicain cher au coeur de beaucoup de ses compatriotes.

Environ 40.000 personnes et plusieurs chefs d'Etat avaient fait le déplacement, notamment le Zimbabwéen Robert Mugabe, président en exercice de l'Union Africaine, venu en voisin.

Les autorités avaient vu grand, organisant un défilé des différents corps d'armée et de la police en uniformes neufs. Des parachutistes ont fait un atterrissage spectaculaire, avant que des avions de chasse ne crèvent le ciel au dessus du grand stade Machava.

Le clou de la cérémonie a été l'arrivée de la "flamme de l'unité" qui, telle la torche olympique, a parcouru le pays depuis le 7 avril du nord au sud.

La paix et l'unité, deux mots qui reviennent constamment dans les discours du Frelimo ont pris une tonalité particulière, en l'absence de la Renamo, le principal parti d'opposition.

Contestant le résultat des élections législatives et provinciales d'octobre que le Frelimo a remporté, le leader de la Renamo, Afonso Dhlakama, menace régulièrement d'avoir recours à la force.

"Comme nous l'avons fait il y a quarante ans, aujourd'hui nous crions bien fort +à bas le divisionnisme+", a lancé M. Nyusi.

En 2013 et en 2014, la Renamo, dont les hommes armés n'ont toujours pas été démobilisés, n'avait pas hésité à reprendre les armes pour asseoir ses revendications, paralysant le centre du pays.

Le 14 juin dernier, des heurts à Tete (centre) ont une nouvelle fois opposé les forces de la Renamo à l'armée régulière, en violation de l'accord de cessation des hostilités du 5 septembre 2014.

M. Dhlakama, qui multiplie les messages contradictoires, s'est vanté lundi d'avoir autorisé ses forces à tendre une embuscade à l'armée.

Le lendemain, la Renamo a signé cependant un accord avec le gouvernement sur la dépolitisation de l'administration visant à empêcher le Frelimo de tenir des réunions politiques dans les administrations, et de permettre l'accès à la fonction publique à des personnes non encartées au Frelimo.

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