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25/06/2015 08:43 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Le Cambodge enquête sur les meurtres de syndicalistes commis il y a plusieurs années

Le Cambodge a mis en place un comité d'enquête sur les meurtres de trois syndicalistes commis il y a quelques années, un geste salué prudemment par des groupes de défense des droits de l'Homme dans un pays où les assassinats politiques ont longtemps été commis en toute impunité.

Le gouvernement du Premier ministre Hun Sen a ordonné la création d'un "comité interministériel pour enquêter spécialement" sur les meurtres de trois syndicalistes, d'après un texte consulté par l'AFP jeudi.

Le premier d'entre eux, Chea Vichea, syndicaliste connu et farouche opposant de Hun Sen, avait été abattu en 2004 à Phnom Penh en plein jour.

Cet assassinat, qui avait suscité l'indignation, est devenu un symbole de la culture de l'impunité dans le pays, où toute dissidence est étouffée. Son syndicat, le Syndicat libre des travailleurs du royaume du Cambodge (FTU), lutte activement pour défendre les travailleurs de l'industrie textile, largement exploités dans le pays.

Les deux autres tués, Ros Sovannareth et Hy Vuthy, membres du même syndicats, ont été assassinés respectivement en 2004 et 2007.

Deux hommes ont été emprisonnés après l'assassinat de Chea Vichea, mais les associations de défense des droits de l'Homme avaient dénoncé ces arrestations sans fondement et ils ont été acquittés en 2013.

Chea Mony, frère de Chea Vichea et actuel chef de la FTU, a déclaré à l'AFP qu'il se félicitait de la création du comité, espérant une "réelle volonté" de faire avancer ces affaires.

Il a toutefois ajouté que des membres de la société civile et des familles auraient dû être inclus dans le comité.

De son côté, Am Sam Ath, membre de l'association Licadho, était moins optimiste. "Il est trop tard maintenant. Les témoins peuvent être partis à l'étranger et des preuves pourraient déjà avoir disparu," a-t-il déclaré à l'AFP.

Le secteur textile emploie environ 650.000 personnes au Cambodge. Il constitue une source essentielle de revenus étrangers pour ce pays pauvre, régulièrement secoué par des manifestations d'ouvriers réclamant des augmentations et de meilleures conditions de travail. Le pouvoir a souvent réprimé dans le sang ces manifestations.

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