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25/06/2015 06:58 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

La Pologne se dote d'une loi sur la fécondation in vitro

Le parlement polonais a adopté jeudi une loi sur la fécondation in vitro (FIV), texte qui suscite une vive l'opposition de la droite conservatrice et de la puissante Eglise catholique.

La projet gouvernemental a été adopté notamment par les voix des députés de la Plateforme civique (PO, libéral) au pouvoir, et de la gauche.

"J'ai tenu mes promesses. La loi sur la fécondation in vitro existe. Je suis très heureuse, c'est un grand succès de la liberté polonaise. Pour les gens qui ont un grand problème, c'est un salut et une chance pour avoir un peu de bonheur", a déclaré à la presse après le vote la Première ministre Ewa Kopacz.

En vertu de la loi, la FIV sera accessible et remboursable tant pour les couples mariés que pour ceux qui ne le sont pas. Six embryons au maximum pourront être congelés lors d'une procédure et préservés dans des banques d'embryons.

Le projet interdit le commerce et la destruction des embryons, dont les responsables risquent jusqu'à cinq ans de prison.

Les embryons en surplus pourront être anonymement transmis pour adoption par d'autres couples.

Le projet doit encore être voté par le Sénat et promulgué par le président.

Jusqu'à présent, la méthode de procréation médicalement assistée échappait en Pologne à tout cadre juridique, alors qu'environ 1,5 million de couples sont concernés par le problème.

En juillet 2013, le gouvernement libéral avait adopté, faute de pouvoir passer une loi, un programme national de remboursement de la FIV.

Selon la droite conservatrice, la nouvelle loi est contraire à la Constitution, autorise la sélection des embryons, et laisse la porte entrouverte à la FIV pour les couples homosexuels, et à la gestation pour autrui qui n'est pas réglée par la loi en Pologne, arguments rejetés par le gouvernement.

Plusieurs projets relatifs à la FIV avaient vu le jour au cours des dernières années en Pologne, la droite conservatrice de Jaroslaw Kaczynski ayant même tenté d'interdire cette méthode et proposant des peines de prison pour ceux qui la pratiquaient.

Certains évêques polonais sont allés jusqu'à comparer la méthode in vitro à l'avortement raffiné, en cas de destruction d'embryons surnuméraires.

bo/via/ia