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25/06/2015 05:32 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

L'EI attaque Kobané et entre dans Hassaké

Après avoir essuyé de lourdes pertes au cours des derniers jours, le groupe armé État islamique est repassé à l'offensive, jeudi, en lançant des offensives simultanées contre l'armée et les forces kurdes dans le nord de la Syrie. Une alliance rebelle a aussi lancé une attaque contre le gouvernement à Deraa.

Les djihadistes sont notamment entrés à Kobane, près de la frontière turque, d'où ils avaient été chassés en janvier par des combattants kurdes soutenus par des bombardements aériens de l'armée américaine. Ils ont également lancé une attaque contre l'armée syrienne à Hassake, dans le nord-est.

À Kobane, l'État islamique a fait exploser au moins une voiture piégée près du poste-frontière séparant la ville de la Turquie, selon des responsables turcs. L'Observatoire syrien des droits humains (OSDH), basé à Londres, affirme plutôt que trois explosions du genre ont eu lieu.

« Un groupe de combattants s'est déployé dans certains secteurs de la Ville », a affirmé à Associated Press une commandante kurde, Ghalia Nehme. « Nous défendons une position en ce moment », a-t-elle ajouté.

Un autre porte-parole kurde a expliqué à Reuters que les combattants sont entrés dans la ville dans cinq véhicules arborant le drapeau de l'Armée syrienne libre, qui avait combattu aux côtés des Kurdes dans le secteur.

Les bilans de l'attaque varient selon les sources. L'OSDH rapporte 10 morts parmi les civils et les combattants kurdes, et trois morts parmi les djihadistes. Le groupe soutient aussi que 20 personnes ont été tuées par l'État islamique dans un village situé au sud de Kobane.

Un médecin à Kobane, Welat Omer, a plutôt évoqué 15 morts et 70 blessés, et a précisé que certains d'entre eux avaient été transférés en Turquie. Le vice-premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a pour sa part parlé de 4 morts et 96 blessés.

L'armée syrienne assiégée à Hassaké

À Hassaké, la télévision d'État syrienne rapporte de violents affrontements entre les militants de l'État islamique à l'armée syrienne et à ses forces supplétives dans le quartier d'Al-Nachoua. Elle soutient que les combattants de l'EI ont expulsé des résidents de chez eux, exécutant certains et en détenant d'autres. Elle soutient que le chef des djihadistes, d'origine tunisienne, a été tué, tout comme de nombreux autres.

L'EI soutient plutôt qu'elle a réussi à prendre ce secteur de la ville, les soldats syriens s'étant retirés. Le groupe avait lancé une offensive contre Hassaké au début du mois de juin, mais avait été repoussé par l'armée syrienne. L'OSDH croit savoir que l'État islamique a réussi à prendre le contrôle de deux secteurs d'Hassaké.

Hassaké est une ville divisée : une partie est contrôlée par les Kurdes, maîtres de l'essentiel du territoire dans le nord-est de la Syrie, et une autre par les forces gouvernementales syriennes. Il s'agit d'ailleurs d'une des dernières zones du secteur à être sous contrôle du gouvernement.

Ces attaques surviennent quelques jours seulement après que les combattants kurdes eurent infligé quelques défaites à l'État islamique, notamment à Tal Abyad, dans le nord, et à Ein Issa, dans le sud.

Dans le nord, les forces kurdes se sont approchées à 50 kilomètres de la ville de Raqqa, capitale du « califat » fondé par le leader de l'État islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi.

Un responsable syrien a déclaré à Reuters croit que l'État islamique cherche vraisemblablement à desserré l'étau sur leur capitale. « Je crois que cela explique pourquoi ils ont bougé à Hassaké : ils sentent un grand danger en raison de la situation à Raqqa », a-t-il dit.

Dans le sud du pays, une coalition de rebelles affiliés à l'Armée syrienne libre, le Front sudiste, a lancé à l'aube une offensive à Deraa, près de la frontière avec la Jordanie. Le gouverneur de la province du même nom, Khaled Al-Hanous, a confirmé que les rebelles pilonnaient la ville, mais assure qu'ils n'ont fait aucun progrès. Un porte-parole du Front sudiste affirme que son groupe est prêt pour une longue bataille.