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25/06/2015 02:04 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

France: une mère jugée à partir de jeudi pour un octuple infanticide

La justice française entame jeudi le procès d'une mère de famille auteur de huit infanticides, commis pendant une vingtaine d'années à l'insu de sa famille qui n'avait même pas décelé ses grossesses.

Dominique Cottrez, une aide-soignante de 46 ans souffrant d'obésité, a reconnu avoir tué huit de ses nourrissons à partir de 1989, un crime d'une ampleur inédite en France.

L'affaire a été révélée en 2010 avec la découverte de deux cadavres de nouveau-nés dans le jardin des parents de Mme Cottrez, dans le nord de la France, par le nouveau propriétaire des lieux.

Elle avoue alors aux enquêteurs avoir stocké chez elle d'autres corps de bébés étranglés à la naissance, sans pouvoir dire combien. Six seront retrouvés.

Son époux, ainsi que ses deux filles, pouvaient-ils ignorer ces nourrissons, entreposés tour à tour dans le panier à linge, les placards et le garage de la maison familiale? La question a été l'un des grands volets de l'instruction avant que celle-ci ne conclue au non-lieu les concernant.

Au cours des auditions, Dominique Cottrez a invoqué la crainte que les bébés soient de son propre père, avec qui elle aurait entretenu une relation incestueuse depuis l'enfance jusqu'à la mort de ce dernier en 2007.

En janvier, interviewée par la presse régionale, elle se défendait: "Chaque fois, j'espérais que le bon Dieu fasse quelque chose, un miracle. Que quelqu'un me dise +tiens, tu es enceinte+. Peut-être que j'aurais parlé, que ça m'aurait fait un déclic et qu'on m'aurait soignée".

Du fait de son obésité, ses grossesses n'ont jamais été détectées.

"Elle mettait au monde non pas des bébés mais des bouts d'elle-même, dont toutefois elle ne pouvait se séparer", analyse l'un de ses avocats, Me Marie-Hélène Carlier, en rappelant qu'elle avait conservé certains des cadavres dans sa chambre à coucher. L'avocate compte plaider la "dénégation de grossesse".

"Qu'on ne parle pas de déni de grossesse", rétorque Me Yves Crespin, avocat de l'association L'Enfant bleu - Enfance maltraitée, partie civile au procès. Pour lui, "c'est un déni d'enfant: Mme Cottrez a utilisé l'assassinat comme moyen de contraception".

Le passage à la barre des experts, qui ont divergé sur le thème pendant l'instruction, devrait être un moment clé du procès.

bap-chp/jh