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25/06/2015 08:20 EDT | Actualisé 25/06/2015 08:22 EDT

Crise migratoire: le premier ministre haïtien dénonce les discriminations dominicaines

Prime Minister of Haiti, Evans Paul, speaks to media, about possible deportation facing Haitians in the Dominican Republic, in Port-au-Prince, on June 25, 2015. Dominican authorities settled on a deadline of June 17 for foreigners who had no residency papers to legalize their status and for Dominicans born to Haitian parents to receive their identification documents, or face deportation, as part of the National Reorganization Plan for Foreigners.  AFP PHOTO/ HECTOR RETAMAL        (Photo credit should read HECTOR RETAMAL/AFP/Getty Images)
HECTOR RETAMAL via Getty Images
Prime Minister of Haiti, Evans Paul, speaks to media, about possible deportation facing Haitians in the Dominican Republic, in Port-au-Prince, on June 25, 2015. Dominican authorities settled on a deadline of June 17 for foreigners who had no residency papers to legalize their status and for Dominicans born to Haitian parents to receive their identification documents, or face deportation, as part of the National Reorganization Plan for Foreigners. AFP PHOTO/ HECTOR RETAMAL (Photo credit should read HECTOR RETAMAL/AFP/Getty Images)

Le Premier ministre haïtien Evans Paul a dénoncé jeudi les discriminations raciales des autorités dominicaines au moment où 14.000 personnes ont déjà été expulsées vers Haïti, une semaine après la fin du programme d'enregistrement des étrangers en République dominicaine voisine.

Q: Des milliers de personnes ont déjà été expulsées vers Haïti, qu'est-ce qui vous pousse à annoncer que le gouvernement dominicain tient un "double langage"?

R: "Il est clair que le rapatriement massif a commencé: 14.000 personnes en moins d'une semaine, c'est massif. Le gouvernement dominicain dit qu'il n'a pas procédé au rapatriement formel et officiel mais nous recevons des Haïtiens dans le cadre de la politique migratoire de la République dominicaine. C'est le constat et la réalité. (...) Et avant la fin du programme d'enregistrement, il y avait un double langage vécu et connu publiquement. Il y a eu la position exprimée par le ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine qui disait qu'il n'y aurait pas de rapatriement massif, dans un ton qui pourrait vouloir dire qu'il n'y aurait pas de rapatriement du tout. D'un autre côté, il était question d'un moratoire de 45 jours à partir du 17 juin. Et puis on entend le ministre de l'Intérieur de la République dominicaine, un général, qui dit autre chose. A ce moment-là, il y a le constat d'un double langage".

Q: Le président Michel Martelly avait annoncé qu'Haïti allait accueillir les expulsés à bras ouverts mais les personnes qui arrivent sur la frontière ne trouvent aucune aide de l'Etat. Pourquoi les discours ne sont pas suivis des actes?

R: "Il y a l'aide de l'Etat mais elle est totalement insuffisante au regard du flux de personnes qui arrivent. Suite aux déclarations des Dominicains disant qu'il n'allait pas y avoir de rapatriements massifs, on a planifié pour 3 000 personnes par semaine. Mais le chiffre aujourd'hui c'est 14 000. Nous somme dans une ambiance de crise humanitaire. C'est la vérité. Mais on veut éviter de créer des nouveaux villages de la misère".

Q: Qu'allez-vous faire vis-à-vis des personnes qui n'ont pas pu achever leur enregistrement auprès des autorités dominicaines, qui ont donc été déchues de leur nationalité et qui, aujourd'hui apatrides, ont été expulsées en Haïti?

R: "Nous ne pouvons pas gérer ce dossier au niveau binational. L'apatridie dépasse la compétence du gouvernement haïtien. Nous devons coûte que coûte nous référer aux instances internationales, au Haut commissariat aux réfugiés, l'OEA, les Nations Unies. (...) Le problème est que les Dominicains utilisent ce que j'appelle un subterfuge pour créer un amalgame entre nationalité et race. Cela reviendrait à dire que tous ceux dont la peau est noire sont Haïtiens même si la personne est née sur le territoire dominicain. Voilà l'ambiance qu'il faut éviter. Je n'ai jamais utilisé le mot de +racisme+ pour parler de cette situation, je préfère utiliser le mot +discriminatoire+".

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