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25/06/2015 05:36 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Chine: durcissement de la loi contre les acheteurs d'enfants kidnappés

Les Chinois ayant "acheté" un enfant kidnappé seront désormais poursuivis en justice et encourront des peines de prison, selon un projet de loi cherchant à endiguer le trafic d'enfants dans le pays, de plus en plus actif et redouté.

Plus de 13.000 enfants kidnappés ont été secourus par les forces de police pour la seule année 2014 en Chine, a souligné jeudi le quotidien officiel China Daily en rapportant le projet de loi.

La stricte limitation du nombre d'enfants par couple et la traditionnelle préférence pour les garçons nourrissent de vastes réseaux de trafic d'enfants à travers le pays.

La loi impose actuellement des peines sévères pour les trafiquants, allant jusqu'à la peine de mort dans certains cas.

Mais si les personnes ayant acheté un enfant kidnappé peuvent en théorie se voir infliger des peines de prison jusqu'à trois ans, elle sont exemptées de poursuites criminelles si elles n'ont pas commis de violences sur l'enfant ou fait obstruction aux autorités.

Un texte examiné actuellement par les législateurs supprimera cette exemption et "durcira les sanctions pour ceux qui achètent des enfants", indiquait le China Daily, sans autres précisions.

Cette révision de la loi était saluée par Feng Jianlin, un habitant du Shanxi (nord de la Chine), dont la fille a été kidnappée en 2008 à l'âge de neuf ans.

"Ceux qui achètent des enfants doivent être punis (...) A l'heure actuelle, ils n'enfreignent pas la loi, c'est pourquoi le trafic d'enfants prospère ainsi en Chine", a-t-il déclaré à l'AFP.

Après la disparition de sa fille, M. Feng avait fondé un site internet affichant des clichés d'enfants enlevés, qui a permis à 14 d'entre eux d'être réunis à leurs parents biologiques.

Les trafics d'enfants ont atteint une ampleur inquiétante en Chine; des gangs de trafiquants démantelés cette année retenaient prisonnières des femmes enceintes jusqu'à l'accouchement, avant de receler les nouveaux-nés dans des morgues désaffectées.

Récemment, les médias ont également évoqué le cas d'une femme du Henan (centre) accusée de s'être entendue avec un médecin pour vendre son bébé pour près de 7.000 euros.

Selon des statistiques de la Cour suprême chinoise, environ 13.000 personnes accusées d'être impliquées dans des trafics d'êtres humains ont été sanctionnées par la justice entre 2010 et 2014. Plus de la moitié des verdicts infligés allaient de peines d'emprisonnement d'au moins cinq ans à la peine de mort.

D'autres révisions en cours des lois actuelles durcissent les peines pour les personnes "affiliées à des sectes ou pratiques superstitieuses" et élargissent le champs des activités considérées comme relevant du "terrorisme", a précisé l'agence officielle Chine nouvelle, sans précision.

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