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25/06/2015 05:50 EDT | Actualisé 25/06/2015 07:01 EDT

Chaleur et sécheresse inquiétantes en Colombie-Britannique (VIDÉO)

Habituellement réputée pour son climat pluvieux, même en juin, la Colombie-Britannique doit composer avec les menaces de sécheresse encore cette année. Pas de pluie, réservoirs d'eau à bas niveaux, feux de forêt, le cocktail fait peur dans cette province.

Un texte de Frédéric Arnould

À Summerland, dans la vallée de l'Okanagan, les apprentis viticulteurs s'activent sous un soleil de plomb. Parmi eux, Chantal Gagné constate les conséquences de cette chaleur sur la vigne. « Ça pousse tellement vite, on est au moins 2 à 3 semaines d'avance je dirais ».

Même constat chez Tinhorn Creek, un vignoble à Oliver, un peu plus au sud. Les grappes de pinot gris sont précoces et plus grosses que prévu pour cette période-ci. Andrew Moon, viticulteur, envisage peut-être de premières vendanges à la mi-août.

Non loin de là, la récolte dans les vergers est aussi accélérée cette année. À tel point que les producteurs ne savent plus où trouver des cueilleurs pour les prochaines semaines. Les cerises et les abricots sont déjà prêts.

« Tout est rendu [à terme] parce qu'on a eu un printemps très clément, on a eu une floraison comme on n'en a pas eu ça fait des années », explique Ronald Forrest, facilitateur à la BC Fruits Growers Association.

Feux et gaspillage de l'eau

Mais ailleurs en province, ce temps anormalement sec et chaud cause bien des problèmes. Alors que l'été s'amorce à peine, les feux de forêt ont déjà consumé près de 90 % du budget provincial alloué pour les combattre. Plus de 500 feux ont déjà ravagé 63 000 hectares dans la province. Dans la région de Vancouver, le niveau des réservoirs d'eau pour desservir la population continue de baisser, alors que du côté de la vallée de l'Okanagan, le manteau neigeux qui alimente la vallée est à environ 48 % de sa capacité.

Ajoutez-y un manque de pluie, une agriculture gourmande en eau et une consommation excessive de la part de la population qui ne veut pas voir son herbe brunir et ses plantes sécher, et vous obtenez un cocktail explosif dans une province qui vient à peine de se doter d'une politique de l'eau.

Sécheresse californienne

Aux États-Unis, l'état de la Californie est aux prises avec la pire sécheresse en 119 ans d'histoire.

C'est d'ailleurs en Californie que l'on cultive la majorité des fruits vendus aux États-Unis et une bonne partie de ceux vendus au Canada. Déjà, certains prix de fruits et de légumes sont en hausse. Une situation qui devrait faire réfléchir la Colombie-Britannique, selon Anna Warwick-Sears, directrice générale de l'Okanagan Basin Water Board. Elle recommande de plus grands efforts de la part des instances gouvernementales de tout niveau pour réduire le gaspillage de la ressource.

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Ce qui se passe en Californie, et dans une moindre mesure en Colombie-Britannique, est à prendre en considération, selon le doyen du département de foresterie à UBC John Innis. « Cette chaleur et cette sécheresse, c'est l'expression des changements climatiques », dit-il. Dans la chaude vallée de l'Okanagan, certains producteurs de vin commencent d'ailleurs à planter plus haut, plus au nord pour fuir la chaleur, parfois dévastatrice.

Christine Coletta, propriétaire de Okanagan Crush Pad, vient de planter à près de 700 mètres d'altitude, du jamais vu dans la province. Un pari pour tenter d'éviter une chaleur torride pour ces vignes. « L'avenir nous dira si c'était un bon choix ».

En attendant, la chaleur sera plus forte que jamais, en fin de semaine, dans la région... avec 41 degrés Celsius.

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