NOUVELLES
25/06/2015 12:54 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Birmanie: pas de changement à la Constitution, Suu Kyi écartée de la présidence

RANGOON, Myanmar - Le Parlement de la Birmanie a voté jeudi contre des changements à la Constitution qui auraient permis à la chef de l'opposition, Aung San Suu Kyi, de briguer la présidence du pays à l'élection de novembre prochain.Le statu quo garde donc intact le pouvoir de veto dont dispose l'armée du pays depuis 2008 en matière constitutionnelle. Le débat de trois jours au Parlement était perçu comme la dernière chance pour permettre à Aung San Suu Kyi de se présenter au poste le plus puissant du pays.La lauréate du prix Nobel de la paix dirige le parti Ligue nationale pour la démocratie qui est vu comme une menace électorale pour le parti qui dirige actuellement le gouvernement de la Birmanie.«Je ne suis pas surprise du résultat. Cela prouve que la constitution ne peut être modifiée si les militaires s'y opposent», a confié aux journalistes la politicienne de 70 ans après le vote.La députée et son parti martelaient que les amendements devaient être apportés pour garantir des élections libres et équitables.La militante avait été placée en résidence surveillée en 1990 après avoir gagné les élections générales; elle n'a été libérée que 20 ans plus tard. Elle a été élue députée le 1er avril 2012 lors d'élections partielles remportées par son parti. Cet événement historique avait amené les pays occidentaux à mettre fin à l'isolement du pays d'Asie du Sud.Or, quatre ans après que le président Thein Sein eût été élu, les militaires se sont accrochés au pouvoir et à leur droit de veto sur la Constitution — ce qui leur assure un pouvoir d'influence certain sur les décisions du gouvernement.Le Parlement doit réserver obligatoirement 25 pour cent de ses sièges à l'armée du pays. Cela permet aux militaires de refuser tout changement à la Constitution, qui nécessite l'appui d'au moins 75 pour cent des élus en plus d'un référendum auprès de la population.La proposition du parti de Mme Suu Kyi était de faire passer de 75 à 70 pour cent le niveau d'appui nécessaire des parlementaires — ce qui aurait essentiellement retiré le droit de veto à l'armée.Le Parlement a aussi rejeté un amendement sur une clause de la loi qui interdit de se présenter à la présidence ou à la vice-présidente quiconque qui est marié ou qui a des enfants loyaux à d'autres pays. Le défunt mari d'Aung San Suu Kyi et leurs deux enfants ont la nationalité britannique.Les militaires croient que la Constitution doit demeurer intacte, surtout en période de transition démocratique. «(Le pays) n'a pas atteint la maturité sur les pratiques démocratiques permettant d'assurer la paix et la sécurité», a indiqué le brigadier général Tin San Naing.