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25/06/2015 14:17 EDT | Actualisé 25/06/2016 01:12 EDT

Afrique du Sud/Marikana: la commission recommande une enquête criminelle contre la police

La commission d'enquête judiciaire sur la tuerie de la mine sud-africaine de Marikana a recommandé de confier au parquet une enquête criminelle contre la police, qui a tué 34 mineurs en grève le 16 août 2012, dans un opération mal préparée "qui n'aurait pas dû avoir lieu".

"La commission recommande une enquête exhaustive sous la direction du parquet (provincial) dans le but de déterminer la responsabilité criminelle des agents de la police nationale impliqués dans les incidents", a indiqué le président sud-africain Jacob Zuma, qui a donné lecture en direct à la télévision d'un résumé du rapport d'enquête de 600 pages sur ce massacre qui a traumatisé l'Afrique du Sud.

"La commission estime que l'opération de police n'aurait pas dû avoir lieu le 16 août car le plan était défectueux", a poursuivi le chef de l'Etat.

Dénonçant "un manque total de contrôle et de commandement", notamment dans la deuxième phase du massacre, la commission note que l'opération de police lancée cet après-midi-là contre les grévistes porteurs d'armes blanches était vouée à la catastrophe, compte tenu du nombre de mineurs rassemblés et de l'impossibilité évidente pour les forces de l'ordre de les désarmer pacifiquement.

"L'incident de Marikana a été une horrible tragédie qui n'a pas sa place dans une démocratie", a dit le chef de l'Etat, "où tous les citoyens ont le droit de manifester et où les travailleurs ont le droit de se mettre en grève pacifiquement et de négocier leurs conditions de travail avec leurs employeurs, pacifiquement".

"Toute la nation sud-africaine a été choquée, le monde entier a été choqué, car personne ne s'attendait à cela dans une Afrique du Sud libre et démocratique. Nous devons, en tant que nation, tirer les leçons de ce douloureux épisode. Nous devons l'utiliser pour construire une société plus unie, pacifique et soudée", a-t-il ajouté.

cpb/jhd