POLITIQUE
24/06/2015 12:54 EDT

L'opposition s'insurge contre les coupes de 2,5 millions en culture

Shutterstock / Stokkete

La décision de Québec d'amputer de 2,5 millions de dollars le budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) soulève l'indignation des partis d'opposition.

Pour le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, ces compressions illustrent que le gouvernement de Philippe Couillard « ne croit pas à cette richesse culturelle ».

« Ce milieu économique est extrêmement important parce qu'il y a des centaines et des milliers de citoyens qui vivent de la culture. »

Pierre Karl Péladeau, chef du PQ

La députée de Québec solidaire Manon Massé considère pour sa part que le moment est venu pour la population québécoise de signifier au gouvernement libéral qu'il va trop loin.

« Là, il faut que les Québécois et les Québécoises disent clairement à leurs députés libéraux que ça n'a pas de bon sens et surtout qu'ils leur rappellent qu'il y en a, de l'argent. Mais il faut aller le chercher où il est. »

Manon Massé, députée de Québec solidaire

La nouvelle est tombée en fin de journée mardi et c'est le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) qui l'a tout d'abord transmise par voie de communiqué. Pour le MAL, ces compressions auront un impact direct sur les artistes et les créateurs.

Le porte-parole du MAL, l'écrivain Stanley Péan, réclame une rencontre avec la ministre de la Culture, Hélène David.

Des conséquences pour les artistes

Selon M. Péan, cette coupe dans les crédits du CALQ « frappe dur et vise pour la première fois les programmes de base ». Les programmes de base consistent en des bourses et des subventions aux créateurs et aux organismes de production, de diffusion et de service.

Le MAL dénonce aussi le fait que le couperet tombe des mois après l'adoption du budget et l'étude des crédits en commission parlementaire. Pour Stanley Péan, il y a quelque chose de « sournois » dans cette annonce.

Pas d'argent neuf

Le budget du CALQ est passé de 95 à 106 millions de dollars à la suite du budget provincial en mars dernier.

Mais le Mouvement pour les arts et les lettres soutient que le CALQ n'a guère reçu « d'argent neuf » au terme de cet exercice, puisque le CALQ a hérité de la responsabilité de subventionner à raison de 8,5 millions de dollars l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM). Ces dernières années, cette responsabilité incombait à Loto-Québec et le CALQ ne servait que d'intermédiaire.

Le MAL soutient en outre que Québec reprend d'une main ce qu'il avait donné de l'autre puisque les 2,5 millions retirés des programmes de base du CALQ équivalent aux sommes allouées à la stratégie culturelle numérique.

Enfin, le MAL soutient que les compressions entraînent l'abolition du programme de coproduction et des coupes dans les subventions aux compagnies artistiques de même que dans celles allouées aux organismes.

L'UNEQ est surprise

Du côté de l'Union des écrivains du Québec (UNEQ), on se dit « très étonné et désolé ». « Ce n'est pas ce qu'on avait compris, a déclaré Francis Farley-Chevrier, de l'UNEQ. On ne s'attendait pas à ce que les subventions de fonctionnement soient réduites. »

M. Farley estime que les services qu'offre l'UNEQ à ses membres subiront les contrecoups de cette mauvaise nouvelle budgétaire.