POLITIQUE
23/06/2015 10:48 EDT | Actualisé 23/06/2015 10:48 EDT

La mairesse de Longueuil suggère de corriger la loi 101

Radio-Canada

Caroline St-Hilaire interpelle le gouvernement du Québec à la suite de la controverse sur l'utilisation de l'anglais au conseil municipal de Longueuil. La mairesse estime qu'il y a « des trous » dans la Charte de la langue française qui laissent le champs libre aux partisans du bilinguisme.

Un texte de Thomas Gerbet

La mairesse de Longueuil a attendu 24 heures avant de réagir. Si elle a accepté de le faire, c'est pour faire contrepoids au chef de l'opposition Robert Myles qui « envoie le message partout que Longueuil est bilingue. Or, c'est faux. Longueuil n'est pas bilingue », insiste-t-elle.

« Peut-être, qu'à un moment, il faudrait que le gouvernement du Québec revoit un peu comment ça se passe dans les conseils municipaux », a dit Caroline St-Hilaire en entrevue à l'émission matinale C'est pas trop tôt de la radio de Radio-Canada. Elle propose à Québec de profiter des changements à venir dans le domaine de l'affichage pour mener cette réforme.

« C'est comme si la Charte nous disait : on doit s'exprimer en français, mais ça ne dit pas qu'il n'a pas le droit de s'exprimer en anglais. C'est là que le bât blesse. »

Caroline St-Hilaire, mairesse de Longueuil

Le chef de l'opposition au conseil municipal, Robert Myles, tient à s'exprimer dans les deux langues et à traduire toutes ses déclarations, par respect pour la minorité anglophone de la municipalité. « Je suis assez limitée », reconnaît la mairesse, qui ne peut pas l'empêcher : « il a le droit techniquement », mais « il joue sur les mots [de la loi] ».

« Nous sommes au Québec et les délibérations au conseil de ville DOIVENT se dérouler en français. La Ville de Longueuil n'est pas une administration bilingue, point final. »

— Caroline St-Hilaire sur sa page Facebook ce matin

Caroline St-Hilaire estime que la façon de faire du conseiller est « exagérée ». « Loin de moi l'idée qu'on ne doit pas parler en anglais. On est en 2015, c'est bien de parler en anglais, en espagnol comme ce serait bien de parler en mandarin... mais à un moment donné, ça s'arrête où ? ».

Population de Longueuil : 230 000

96 % comprennent le français

3 % ne comprennent que l'anglais

1 % ne comprennent ni le français ni l'anglais

[Source : recensement 2011 de Statistique Canada]

Elle serait satisfaite s'il le faisait « de temps en temps », comme « une salutation en anglais ». Le problème « c'est l'excès », dit-elle. « À quoi ça sert [de tout répéter 50%-50%] quelle est sa véritable intention ? » demande-t-elle. « À Montréal, personne ne parle en anglais de manière systématique. » La mairesse en fait « une question de bon sens et de respect ».

Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Galerie photo La Loi 101 au Québec Voyez les images