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20/06/2015 17:08 EDT | Actualisé 20/06/2016 01:12 EDT

Un journaliste du réseau Al-Jazeera arrêté en Allemagne à la demande de l'Égypte

LE CAIRE, Égypte - Un journaliste de longue date du réseau Al-Jazeera a été appréhendé à un aéroport de l'Allemagne, samedi, en vertu d'un mandat d'arrêt de l'Égypte, a annoncé la chaîne de télévision satellite du Qatar.Ahmed Mansour a été arrêté à l'aéroport Tegel, à Berlin, où il prévoyait s'envoler vers Doha, la capitale du Qatar. En son absence, il avait été condamné par la justice égyptienne à 15 ans de prison puisqu'il aurait torturé un avocat à la place Tahrir en 2011 — une accusation qu'il avait réfutée avec son employeur.Le porte-parole de la police allemande Meik Grauer a affirmé que les autorités détenaient actuellement un journaliste égypto-britannique de 52 ans et que les procureurs examineraient le mandat d'arrêt dimanche. M. Grauer n'a pas confirmé le nom de M. Mansour.Selon Al-Jazeera, Interpol avait refusé une requête des autorités égyptiennes qui lui demandaient de publier une «notice rouge» pour l'arrestation de M. Mansour. Le réseau de télévision n'était pas disponible pour fournir de plus amples détails samedi soir.Dans un message sur son compte Facebook publié samedi soir, M. Mansour a partagé un courriel d'Interpol pour prouver qu'elle ne voulait pas l'arrêter.Le journaliste avait récemment mené une entrevue avec le chef du Front al-Nosra — une filiale syrienne du groupe extrémiste al-Qaïda.Les relations sont troubles entre l'Égypte et le Qatar depuis 2013, lorsque l'armée égyptienne avait renversé le président islamiste Mohammed Morsi. Doha soutient les Frères musulmans, un groupe désormais interdit en Égypte. Le Caire accuse le réseau Al-Jazeera d'être le porte-voix des partisans de M. Morsi, ce qu'il nie fermement.En décembre 2013, trois autres journalistes du réseau anglophone d'Al-Jazeera avaient été arrêtés — dont le Canadien Mohamed Fahmy. M. Fahmy et l'Égyptien Baher Mohammed subissent actuellement un deuxième procès pour des accusations liées au terrorisme. Leur collègue australien Peter Greste a été déporté vers son pays d'origine en février dernier.