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20/06/2015 03:01 EDT | Actualisé 20/06/2016 01:12 EDT

Les pirates présumés d'un pétrolier malaisien interrogés au Vietnam

La police maritime du Vietnam a annoncé samedi qu'elle interrogeait huit étrangers soupçonnés d'être les pirates qui ont détourné pendant une semaine un pétrolier battant pavillon malaisien en mer de Chine méridionale avant de s'enfuir en pleine nuit.

Les huit hommes non armés ont accosté vendredi matin à bord d'un canot de survie sur l'île de Tho Chu, au large de la pointe sud-ouest du Vietnam, dans le golfe de Thaïlande, exliquant avoir eu "un accident en mer", a déclaré à l'AFP le général Ngo Ngoc Thu, vice-commandant de la police maritime du Vietnam.

Les hommes ont été transportés jusqu'à l'île vietnamienne de Phu Quoc pour y être interrogés, a précisé le général Thu.

"S'il s'agit des pirates que recherche la Malaisie, nous suivrons les lois, les accords entre les deux pays et la pratique internationale pour régler la situation", a précisé le responsable vietnamien.

Les autorités malaisiennes étaient à la recherche de huit pirates depuis leur échappée vendredi sur un canot pneumatique du MT Orkim Harmony.

Le bateau, avec 22 membres d'équipage -- 16 Malaisiens, cinq Indonésiens et un Birman -- transportait une cargaison de 6.000 tonnes de pétrole évaluée à 4,9 millions d'euros.

Porté disparu depuis une semaine, le pétrolier avait été localisé jeudi. Il avait quitté Malacca, sur la côte ouest de la Malaisie, et faisait route vers le port de Kuantan, sur la côte est, lorsque le contact a été perdu le 11 juin, alors que le bateau était au large de l'Etat de Johor (sud de la Malaisie).

Des équipes de la marine et de garde-côtes de Malaisie avaient indiqué rechercher les pirates à proximité des îles indonésiennes de Natuna.

Les pirates, qui s'exprimaient avec un accent indonésien, avaient mis en garde le capitaine du pétrolier de ne pas informer les autorités de leur fuite, causant un retard de cinq heures dans leur recherche.

Le Bureau maritime international (BMI) multiplie les mises en garde contre la piraterie croissante dans les eaux d'Asie du Sud-Est, où les cibles privilégiées sont habituellement les pétroliers transportant des hydrocarbures.

Un petit pétrolier est attaqué en moyenne toutes les deux semaines dans cette région où ont été commis 70% des actes de piraterie dans le monde au premier trimestre, selon les chiffres du BMI.

De janvier à mars, 38 attaques ont été perpétrées par des pirates, sur un total de 54 dans le monde. L'Indonésie arrive en tête avec 21 attaques dans les eaux du plus grand archipel du monde.

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