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20/06/2015 07:03 EDT | Actualisé 20/06/2016 01:12 EDT

Abdoulaye Bathily nommé "facilitateur" dans la crise burundaise par l'Onu

Le Sénégalais Abdoulaye Bathily, représentant spécial du secrétaire général de l'Onu pour l'Afrique centrale, a été "désigné comme le nouveau facilitateur" dans la crise au Burundi a annoncé à l'AFP le chef de la diplomatie burundaise Aimé-Alain Nyamitwe, samedi.

M. Bathily, 68 ans, plusieurs fois ministre, succède à ce poste à l'Algérien Saïdi Djinnit, récusé par l'opposition à la candidature à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, l'accusant d'"avoir un penchant" pour la position gouvernementale.

"Le secrétaire général a désigné Abdoulaye Bathily comme le nouveau facilitateur en remplacement de Djinnit, cela m'a été notifié officiellement hier dans la nuit", a déclaré à l'AFP le ministre, en ajoutant : "je peux vous assurer que le gouvernement burundais est ouvert au dialogue".

"Facilitateur" est le terme officiel utilisé pour désigner le médiateur dans cette crise.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) avait recommandé cette semaine la reprise du dialogue politique interrompu par le départ de M. Djinnit.

"Si retard il y a dans la reprise du dialogue, ce n'est pas la faute du gouvernement du Burundi, il faut la chercher ailleurs", a souligné M. Nyamitwe.

Le Conseil avait en outre demandé un dialogue sur tous les points de discorde et un calendrier électoral consensuel, alors que Bujumbura avait déjà reporté les élections au 29 juin pour les législatives et les communales, et au 15 juillet pour la présidentielle.

"Nous n'avons pas de problèmes avec ça, mais ce que nous avons dit et qui n'a pas changé c'est la question du calendrier électoral qu'on ne va pas toucher", a réaffirmé le chef de la diplomatie burundaise, en justifiant cette décision par la volonté d'éviter "un vide essentiel" s'ils allaient au-delà de ces dates.

Plusieurs missions d'observation électorale internationales, notamment celle de l'Union européenne, ont suspendu leur couverture des élections au Burundi en dénonçant l'absence des "conditions minimales" pour la ténue d'une élection crédible.

Le gouvernement burundais refuse également de discuter de la question du troisième mandat de Nkurunziza, à l'origine de l'actuelle crise que traverse le Burundi.

"Il faut être réaliste. Nous sommes pratiquement à une semaine des premiers scrutins, les délais légaux pour la présentation des candidatures sont déjà dépassés", a justifié le ministre.

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