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18/06/2015 20:39 EDT | Actualisé 18/06/2016 01:12 EDT

Veillées de prières à New York après le massacre de Charleston

Une petite foule émue s'est rassemblée jeudi soir à New York, en hommage aux neuf victimes noires du massacre de Charleston, certains manifestants pleurant à chaudes larmes.

"La vie des noirs compte", pouvait-on lire sur des pancartes. "Arrêtez de tuer des noirs", "l'Histoire se répète", dénonçaient d'autres panneaux brandis par une soixantaine de manifestants, blancs et noirs, réunis à Union square au centre de Manhattan.

Un moment de silence a été observé avant la lecture du nom des victimes, âgées de 26 à 87 ans, dont une majorité de femmes, tuées par balles mercredi lors d'une soirée d'étude biblique à l'église historique Emanuel African Methodist Episcopal Church de Charleston (sud-est). L'assassin présumé, un jeune blanc de 21 ans, a été arrêté en Caroline du Nord et transféré jeudi soir dans un centre de détention à Charleston.

Certains manifestants avaient apporté des bougies. D'autres avaient du mal à contenir leur colère et leur chagrin.

"Nous en avons marre que des noirs soient tués dans ce pays. J'ai le coeur brisé", a déclaré à l'AFP Jennifer Tullock, actrice et scénariste blanche de 31 ans.

"Nous allons manifester pacifiquement toute la nuit, pour que le monde sache qu'un crime s'est produit", a ajouté Richard Price, membre de l'Eglise du Christ de Harlem, où il prévoyait de rejoindre ensuite une autre veillée du quartier.

"Nous n'avions rien vu comme ça depuis l'église baptiste de la 16e rue", a-t-il dit, en référénce à un attentat à la bombe contre une église noire à Birmingham, dans l'Alabama en 1963, lors duquel quatre petites filles avaient été tuées et une vingtaine blessées. "C'est dingue que quelqu'un aille dans une église, lors d'une étude biblique, s'infiltre dans cet espace sacré, l'un des seuls que nous ayons vraiment, et tire" s'est-il indigné.

"Cela m'a renvoyé à l'église (...) de la 16e rue, aux combats de mon père, de ma mère, de mon grand-père", a-t-il poursuivi.

"Pour constater, dans le miroir du temps, que cela ne veut toujours rien dire, d'être noir, dans l'esprit de tellement de gens dans ce pays".

bd/sha