NOUVELLES
19/06/2015 03:02 EDT | Actualisé 19/06/2016 05:12 EDT

Près d'une tonne d'objets en ivoire détruits en plein coeur de New York (PHOTOS/VIDÉO)

Près d'une tonne de statuettes, cornes sculptées, bijoux et objets décoratifs en ivoire, ont été détruits vendredi à Times Square à New York, les autorités américaines voulant dénoncer ainsi un trafic international qui tue chaque année des milliers d'éléphants.

Sous les néons de la place la plus célèbre du monde, les objets, saisis pour beaucoup dans un magasin d'objets d'art de Philadelphie (est) dont le propriétaire a été condamné à la prison, ont été déposés l'un après l'autre sur un tapis roulant menant à un broyeur habituellement utilisé pour la pierre, d'où ils sont ressortis peu après réduits en minuscules fragments, sous les applaudissements.

Cette opération "rappelle au reste du monde que les Etats-Unis ne toléreront pas les crimes contre la faune, spécialement contre des animaux emblématiques en danger", a déclaré la secrétaire à l'Intérieur Sally Jewell, spécialement venue à New York pour l'occasion.

Elle a souligné qu'entre 2011 et 2014, le braconnage des éléphants d'Afrique avait "atteint son plus haut niveau jamais enregistré. En trois ans, quelque 100 000 éléphants ont été tués pour leur ivoire", a déclaré Mme Jewell, en soulignant que la demande d'ivoire augmentait dans le monde, et que des réseaux internationaux de trafiquants y voyaient un marché peu risqué et très profitable.

96 éléphants tués chaque jour

Dans la foule, des dizaines de manifestants portaient des pancartes rappelant que chaque jour, 96 éléphants meurent victimes de braconniers trafiquants d'ivoire.

C'est la deuxième fois que les autorités américaines organisent ainsi une destruction massive d'ivoire. En novembre 2013, le service de protection de la faune et de la flore (US Fish and Wildlife Service, USFWS), qui dépend du département de l'Intérieur, avait organisé la destruction de plus de cinq tonnes d'ivoire à Denver (Colorado, ouest).

L'opération symbolique de vendredi était cordonnée par l'USFWS et le département new-yorkais de conservation environnementale, en liaison avec des dizaines d'ONG de défense de la faune.

"Nous ne détruisons pas seulement l'ivoire illégalement braconné, nous détruisons aussi le marché sanglant de l'ivoire. Nous détruisons les espoirs des braconniers de faire des profits en tuant nos majestueux éléphants", a déclaré Cristián Samper, responsable de la Wildlife Conservation Society (WCS), l'une de ces ONG.

La WCS a rappelé que d'autres destructions comparables avaient eu lieu un peu partout dans le monde, la première en 1989 au Kenya, puis en Zambie en 1992, et ces dernières années au Kenya, Gabon, Philippines, Belgique, Tchad, Chine, France, Congo, Ethiopie, Emirats et Etats-Unis.

Le commerce international de l'ivoire est interdit depuis 1989. Il est par ailleurs interdit ou sévèrement réglementé dans de nombreux pays.

L'Etat de New York et du New Jersey voisin ont tous les deux récemment interdit la vente et le commerce d'ivoire.

Le plus grand marché pour l'ivoire est la Chine, qui représente plus de 70% de la demande mondiale.

Mais les Etats-Unis restent le deuxième marché au monde. "Nous sommes une partie du problème, nous devons être une partie de la solution", a déclaré vendredi Mme Jewell.

Selon une récente étude, la situation est particulièrement préoccupante en Tanzanie où la population des éléphants a connu un "déclin catastrophique" depuis cinq ans, passant de 109.051 en 2009 à 43.330 en 2014, selon l'ONG spécialisée Traffic qui dénonce un braconnage "à l'échelle industrielle".

Selon une autre étude récente, la forte demande entourant l'ivoire permet à un braconnier en Afrique de gagner 3.000 dollars pour une paire de défenses d'éléphant, soit plus que le salaire annuel de nombreux Africains.

Galerie photo Ivory Crush‬ 2015 Voyez les images