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19/06/2015 11:09 EDT | Actualisé 19/06/2016 01:12 EDT

Paris: feu vert à la rénovation moderniste de la célèbre Samaritaine

La rénovation de la Samaritaine, grand magasin du centre de Paris propriété du milliardaire français du luxe Bernard Arnault, va pouvoir être menée à bien après le feu vert obtenu vendredi de la plus haute juridiction administrative française.

Mettant fin à plus d'un an de bataille juridique, le Conseil d'Etat a validé les permis délivrés par la mairie de Paris pour la construction, notamment, d'une imposante façade de 73 mètres de large et 25 mètres de haut, avec un habillage de verre transparent doté d'ondulations verticales.

A l'origine du litige, deux associations de défense du patrimoine contestaient la conformité de la façade, conçue par le prestigieux cabinet d'architectes japonais Sanaa, avec les règles restrictives de l'urbanisme parisien.

Elles reprochaient à l'ouvrage moderniste de détonner avec l'homogénéité du quartier aux façades pré-haussmanniennes, en plein coeur de Paris.

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, favorable au projet, s'est dite "heureuse" du jugement final de l'affaire.

"Le Conseil d'Etat, par cette décision, confirme qu'il est aujourd'hui possible à Paris de faire cohabiter un profond respect du patrimoine et la promotion d'une architecture contemporaine innovante", s'est-elle félicitée.

"A l'horizon 2018, tous les Parisiens et les visiteurs pourront profiter de ce nouveau lieu exceptionnel, qui associera commerces, hôtellerie, logements sociaux, crèche et bureaux, et permettra la création de 4.400 emplois", a-t-elle fait valoir.

Le groupe LVMH de Bernard Arnault a lui aussi pris "acte avec satisfaction" de la validation du projet de rénovation. La Samaritaine, fermée depuis 2005, "se prépare à reprendre ce chantier ambitieux de réhabilitation", s'est réjoui le numéro un mondial du luxe.

La rénovation a déjà entraîné la démolition de trois des quatre bâtiments situés sur la rue de Rivoli dont les façades dataient de 1852, alors que la capitale française commençait sa métamorphose menée les années suivantes par le préfet de Paris, le baron Haussmann.

Le bras de fer entre Bernard Arnault, soutenu par la mairie, et les associations de défense du patrimoine a ravivé à Paris le débat sur la place de l'architecture contemporaine à Paris et la protection du paysage haussmannien, à quelques encâblures du musée du Louvre où la construction d'une pyramide de verre par l'architecte chinois Ieoh Ming Pei avait déjà suscité la controverse en 1984.

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