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19/06/2015 09:24 EDT | Actualisé 19/06/2016 01:12 EDT

Maroc: le gouvernement lance un numéro vert contre la corruption

Un numéro vert vient d'être lancé pour favoriser la dénonciation de la corruption au Maroc, où ce fléau continue de sévir malgré une progression du pays l'an dernier dans les classements internationaux, ont rapporté vendredi des médias locaux.

Ce numéro vert "constitue l'outil efficace permettant aux citoyennes et aux citoyens de contribuer à la lutte contre la corruption dans un cadre participatif", a expliqué le ministre de la Justice, Mustafa Ramid, cité par l'agence MAP.

D'après l'agence, les appels seront automatiquement transférés à des magistrats spécialisés, chargés de procéder à l'enregistrement des informations. Les dossiers seront ensuite transmis "au parquet compétent pour prendre les mesures judiciaires qui s'imposent".

Un fichier informatique réservé aux dénonciations sera instauré, selon la MAP, qui précise que le système permettra de "protéger les dénonciateurs". Une campagne publicitaire audiovisuelle sera aussi lancée dans un but de "sensibilisation".

Le parti islamiste Justice et développement (PJD), qui a remporté un succès historique aux législatives de fin 2011, avait fait de la lutte contre la corruption un de ses chevaux de bataille durant la campagne électorale.

Les progrès ont toutefois tardé à venir, selon des ONG dont Transparency International, qui a évoqué à plusieurs reprises "un manque de volonté politique" et de mise en oeuvre de la "stratégie nationale" promise.

En 2012, le gouvernement avait fait diffuser des clips TV et radio condamnant ce phénomène.

Ce combat "avance, mais lentement", a résumé en début d'année le président de l'Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC, officiel), Abdeslam Aboudrar, d'après qui il faudra "10 ans" au Maroc "pour parvenir aux standards internationaux".

Le royaume a gagné 11 places en 2014 dans le classement de Transparency International, passant de la 91e à la 80e.

gk/cco