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19/06/2015 12:37 EDT | Actualisé 19/06/2016 01:12 EDT

Lionel Zinsou, banquier d'affaires franco-béninois, devient Premier ministre du Bénin

Le banquier d'affaires franco-béninois Lionel Zinsou, une personnalité clé des relations entre la France et l'Afrique, a été nommé Premier ministre du Bénin à la surprise générale, à moins d'un an de la fin du mandat du président Thomas Boni Yayi.

Après cette nomination à un poste qui reste très symbolique dans ce petit pays côtier d'Afrique de l'Ouest, certains dans la classe politique se demandaient vendredi s'il ne s'agissait pas de positionner M. Zinsou, 60 ans, comme futur dauphin du chef de l'Etat.

"Le gouvernement de la République du Bénin est composé comme suit: Premier ministre chargé du Développement économique, de l'évaluation des politiques publiques et de la promotion de la bonne gouvernance, M. Lionel Zinsou", a lu jeudi soir Alassani Tigri, secrétaire général du gouvernement, à la télévision nationale béninoise.

M. Zinsou, normalien, neveu de l'ex-président béninois Émile Derlin Zinsou, dirigeait depuis 2009 l'un des plus gros fonds de capital-investissement d'Europe, PAI Partners, après être passé par le cabinet du Premier ministre français Laurent Fabius et la Banque Rothschild notamment.

PAI Partners a annoncé vendredi que M. Zinsou avait été remplacé par Michel Paris au poste de président du comité exécutif, mais restait en lien avec le fonds en occupant la fonction de vice-président du conseil de surveillance.

Ennemi de l'"afro-pessimisme", il préside aussi la Fondation franco-africaine pour la croissance, une institution créée en décembre 2013 pour dépoussiérer les relations économiques entre la France et le continent africain.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a salué la nomination de cette "personnalité remarquable", dont "les compétences et l'expérience internationale (...) seront de solides atouts pour le développement et le rayonnement du Bénin".

- Dauphin de Boni Yayi? -

M. Zinsou a joué un rôle clé lors de la table ronde pour le financement du développement économique du Bénin, qui s'est tenue en juin 2014 à Paris, et où des bailleurs de fonds publics et privés se sont engagés à hauteur de 12.000 milliards de francs CFA (soit environ 18,24 milliards d'euros), a rappelé M. Tigri.

"Il est heureux qu'il soit aujourd'hui Premier ministre parce que, justement, il va apporter sa contribution pour la mise en oeuvre effective des intentions de contribution que les partenaires ont annoncées à la table ronde de Paris", a poursuivi le secrétaire général du gouvernement.

Mais les spéculations vont déjà bon train après la nomination de M. Zinsou à la tête du nouveau gouvernement, qui compte 28 membres.

"On ne saurait lire dans la tête de Boni Yayi. Mais la nomination de Lionel Zinsou, c'est comme si on voulait nous imposer un homme. Il est certainement très apprécié mais il ne peut pas espérer être le dauphin de notre leader", assurait vendredi un proche du régime.

Pour l'éditorialiste Adrien Amoussou, cela ne fait pas de doute: "Boni Yayi veut positionner (M. Zinsou) pour la présidentielle".

Souvent accusé par l'opposition de vouloir "tripatouiller" la Constitution pour briguer un troisième mandat en 2016, le président Boni Yayi a juré à plusieurs reprises que son nom "ne figurerait plus jamais sur aucun bulletin" de vote.

L'évolution politique récente a placé le chef de l'Etat dans une position inconfortable. Son parti, le FCBE (Forces Cauri pour un Bénin émergent), a remporté les législatives en mars, mais sans la majorité absolue. Et l'opposant Adrien Houngbedji, son principal adversaire à la présidentielle de 2011, a été élu en mai à la tête de l'Assemblée nationale.

Dans tous les cas, le nouveau Premier ministre dispose de peu de temps pour mener à bien de vraies réformes économiques, souligne l'éditorialiste Vincent Foly.

"A moins de neuf mois de la fin de mandat, on ne peut rien attendre de (M. Zinsou) au Bénin, même s'il est connu dans les milieux politiques français", a déclaré à l'AFP le patron du quotidien privé béninois La Nouvelle Tribune.

Le tranquille Bénin se soucie enfin de la situation sécuritaire dans la région: voisin du Nigeria, le géant anglophone, le pays doit participer à la force militaire régionale chargée de combattre le groupe islamiste Boko Haram.

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