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18/06/2015 21:09 EDT | Actualisé 18/06/2016 01:12 EDT

Lars Lokke Rasmussen, chef de file de la droite, face à la tâche difficile de former un gouvernement au Danemark

Lars Lokke Rasmussen se trouve vendredi dans la position difficile de composer un gouvernement alors que son parti Venstre a perdu un quart de ses sièges et que la formation anti-immigration est devenue le plus grand parti de droite à l'issue des élections législatives.

Grâce au score spectaculaire du Parti du peuple danois (DF), 21,1% des suffrages, le bloc de droite (Venstre, DF, Alliance libérale et conservateurs) a remporté la majorité absolue, 90 sièges, permettant à M. Rasmussen de prétendre à nouveau au poste de Premier ministre.

"Les jours qui viennent vont permettre de dire s'il est possible de trouver une majorité pour un programme (gouvernemental) qui va mener le Danemark dans la bonne direction", a-t-il dit à ses supporteurs.

Il a été chef du gouvernement de 2009 à 2011 à la faveur de la nomination de son prédécesseur Anders Fogh Rasmussen à la tête de l'Otan.

Comme à l'époque, il aura besoin du soutien du DF pour diriger le pays que ce dernier soit ou non au gouvernement, ce qu'il n'a pas encore décidé.

En 2011, les Danois, lassés par 10 ans de règne de la droite, avaient sanctionné sa politique d'austérité mais il s'était maintenu à la tête de son parti, Venstre.

Son physique de bon vivant et son regard chaleureux l'ont souvent opposé à l'allure de reine de glace de sa principale rivale la sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt qui lui a ravi le pouvoir pendant presque quatre ans.

Habile politicien, il a essuyé plusieurs tempêtes dont des mini-scandales pour avoir utilisé des fonds de son parti pour l'achat de costumes de luxe.

"Bien sûr les Danois le voient comme problématique mais ils le voient aussi comme un professionnel de la politique. (...) Il est probablement l'homme politique le plus intelligent de sa génération", estimait Peter Nedergaard, professeur de sciences politiques à l'Université de Copenhague.

Âgé de 51 ans, formé à la politique communale et régionale contrairement à l'actuelle chef du gouvernement qui a fait ses armes à Bruxelles, c'est un bon connaisseur des arcanes du pouvoir.

Né dans le centre du Danemark, d'un père chef-comptable et d'une mère au foyer, juriste de formation, il est entré au Parlement en 1994. Président du conseil général de la région de Frederiksborg (centre) en 1998, il devient la même année vice-président de son parti.

Abandonnant ses idées ultra-libérales depuis l'arrivée du centre-droit au pouvoir en 2001, il occupe de 2001 à 2007 le poste de ministre de l'Intérieur et de la Santé avant de prendre le portefeuille des Finances en 2007, année durant laquelle il sera désigné comme dauphin par Anders Fogh Rasmussen, avec lequel il n'a aucun lien de parenté, "Rasmussen" étant l'un des patronymes les plus courants au Danemark.

Lorsqu'il lui succède, il devient, à 44 ans, le plus jeune Premier ministre de l'histoire du Danemark mais peine à remettre le pays, qui traverse sa plus grave crise économique depuis 1945, sur les rails.

Le Danemark sort aujourd'hui de quatre ans de réformes d'inspiration plutôt libérale qui, d'après Mme Thorning-Schmidt, ont fini par aider la croissance, apathique au début de son mandat.

Favorable à la rigueur, M. Lokke Rasmussen revendique également la paternité de la reprise.

cbw/jr