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19/06/2015 10:29 EDT | Actualisé 19/06/2016 01:12 EDT

L'Ukraine paiera effectivement les intérêts de sa dette à la Russie

L'Ukraine va payer les intérêts d'un prêt de trois milliards de dollars que lui a accordé la Russie en 2013, après avoir dans un premier temps menacé de ne pas le faire, a annoncé vendredi la ministre ukrainienne des Finances.

"Il y a deux jours, nous avons payé 39 millions de dollars (34 millions d'euros) pour des obligations européennes et nous allons aussi payer 75 millions de dollars (66 millions d'euros) pour couvrir les obligations russes", a déclaré Natalie Jaresko pendant une conférence de presse.

Les autorités ukrainiennes ont menacé à plusieurs reprises de geler le remboursement de la dette extérieure de l'Ukraine en cas d'échec des négociations en cours sur sa restructuration.

Kiev doit, entre autres, rembourser d'ici à la fin de l'année les trois milliards de dollars prêtés par la Russie fin décembre 2013, quand Viktor Ianoukovitch était encore le président de l'Ukraine et faisait face à une forte contestation populaire qui a abouti à sa destitution en février 2014.

"Afin de mener des négociations constructives, l'Ukraine va continuer à honorer sa dette", a lancé Mme Jaresko.

Au bord de la faillite après environ trois ans de récession et plus d'un an de guerre dans sa partie orientale, ce pays bénéficie d'une ligne de crédit du Fonds monétaire international (FMI) se chiffrant à 17,5 milliards de dollars sur quatre ans dont elle a reçu en mars cinq milliards.

Dans le cadre de ce programme, l'Ukraine mène des négociations difficiles pour restructurer sa dette publique, qui a explosé cette année et devrait atteindre selon le FMI 94% de son PIB.

L'appui du Fonds doit servir de socle à un programme de soutien de 40 milliards de la communauté internationale.

En plus de l'apport de pays donateurs, les créanciers privés de l'Ukraine sont censés y contribuer à hauteur de 15 milliards de dollars via une restructuration de dettes.

Pour sa part, Kiev souhaite non seulement retarder et réduire le paiement du service de ses dettes, mais aussi réduire la valeur d'origine de ses obligations.

Les créanciers privés se sont, quant à eux, dit fermement opposés à une réduction de la valeur de leur investissement d'origine.

Selon Mme Jaresko, les discussions doivent se poursuivre la semaine prochaine.

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