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19/06/2015 06:21 EDT | Actualisé 19/06/2016 01:12 EDT

Japon: une directrice américaine de Toyota en détention pour importation illégale de médicament

La directrice américaine de la communication de Toyota au Japon était en détention vendredi à Tokyo, soupçonnée d'avoir importé illégalement un analgésique dont l'usage est très strictement réglementé dans ce pays.

Julie Hamp, 55 ans, de nationalité américaine, est soupçonnée d'avoir violé la législation japonaise sur les stupéfiants en faisant venir la semaine dernière, sans autorisation, des comprimés d'un antidouleur contenant de l'oxycodone, un puissant analgésique.

Une telle infraction est passible d'une peine de un à dix ans.

Mme Hamp - la femme la plus élevée dans la hiérarchie du géant de l'automobile japonais - nie avoir commis toute entorse à la loi japonaise.

"Elle a affirmé qu'elle ne croyait pas avoir importé des stupéfiants quand elle a été arrêtée", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police.

L'Américaine a été interpellée jeudi dans un hôtel de Tokyo où elle séjournait. Sa garde à vue peut durer jusqu'à trois semaines.

Le paquet de comprimés, saisi par les douaniers le 11 juin à l'aéroport de Tokyo-Narita, avait été expédié par colis le 8 juin des Etats-Unis, a précisé le porte-parole.

Sur l'étiquette précisant le contenu du colis était écrit "colliers" et les comprimés étaient à l'intérieur de petites boîtes renfermant des bijoux factices pour enfants, d'où les soupçons de la police.

L'antidouleur incriminé est autorisé depuis 2003 au Japon, où il est classé comme narcotique, mais uniquement sur ordonnance médicale et pour des patients sujets à des maux intenses comme en cas de cancer.

Il est possible d'importer des médicaments contenant de l'oxycodone dans l'Archipel mais à condition d'obtenir la permission préalable des autorités japonaises.

- Toyota prêt à coopérer -

Lors d'une conférence de presse convoquée en urgence vendredi après-midi à Tokyo, le PDG de Toyota Akio Toyoda a présenté ses excuses au nom de la compagnie pour avoir "causé du trouble" - comme il est d'usage en cas de scandale au Japon - et a promis de "coopérer pleinement avec l'enquête".

"A l'heure actuelle, je suis convaincu que Mme Hamp n'avait pas l'intention de contrevenir à la loi", a assuré M. Toyoda alors que l'affaire fait la une des médias locaux depuis jeudi soir.

"Mes proches subordonnés et les autres employés sont comme mes enfants et il est du devoir d'un parent de protéger ses enfants", a-t-il plaidé, en qualifiant la responsable américaine de "chère collègue en qui j'ai toute confiance".

Ex-cadre de General Motors (GM), Julie Hamp avait été promue au rang de chef de la communication du constructeur nippon à Toyota City (centre au Japon) en avril dernier. Elle était auparavant membre de la direction de la division nord-américaine de Toyota.

"Nous avons mis en place en avril la meilleure structure de direction sans sélectionner des critères tels que le sexe et la nationalité des personnes, mais en tenant compte de leurs aptitudes et de leur capacité à travailler sur le terrain", a expliqué le patron de Toyota.

Julie Hamp est la première ressortissante étrangère au sein de la direction du numéro un mondial de l'automobile à être postée en permanence au Japon.

Dans le cadre de sa très stricte législation antidrogue, le Japon bannit certains médicaments qui sont couramment disponibles dans d'autres pays.

Une jeune enseignante américaine de 26 ans avait été arrêtée au début de l'année après avoir reçu par courrier de sa mère un médicament psychostimulant prohibé au Japon.

Elle avait été libérée trois semaines plus tard à la suite de l'intervention de membres du Congrès et de diplomates américains à Tokyo.

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