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19/06/2015 08:19 EDT | Actualisé 19/06/2016 05:12 EDT

Israël: les artistes, «des m'as-tu-vu» et «des hypocrites» selon la ministre de la culture

ASSOCIATED PRESS
In this photo taken Feb. 9, 2015, Miri Regev stands in front of her campaign caravan in the southern Israeli town of Netivot. The boisterous legislator trounced established male politicians, including Defense Minister Moshe Yaalon, to reach the Likud party’s fifth spot. (AP Photo/Tsafrir Abayov)

La très controversée ministre israélienne de la Culture Miri Regev a causé un nouvel éclat en disant ouvertement ce qu'elle pensait des artistes, un milieu "ingrat", "m'as-tu-vu" et "hypocrite".

"Pour qui est-ce que je travaille? Voilà ce que je me demande. Pour une bande d'ingrats qui croient tout savoir et dont certains sont des hypocrites qui vous empoisonnent la vie", dit la ministre de droite dans un entretien pour l'édition de juillet du magazine féminin At, qui a rendu publique la bande.

"Je savais pourquoi je ne voulais pas de ce poste. Je savais que je travaillerais pour des m'as-tu-vu", ajoute-t-elle dans la version imprimée de l'interview.

Miri Regev, ex-général de l'armée jamais rebutée par la confrontation, ancien censeur en chef de l'armée (2004-2005) chargé de veiller à ce que les informations publiées ne remette pas en cause la sécurité d'Israël, est entrée en mai dans le quatrième gouvernement de Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire du pays.

Les hostilités sont déclarées entre elle et une grande partie du monde culturel depuis deux semaines et ses menaces de couper les subventions à un théâtre dont le directeur, un Arabe israélien, refusait de se produire devant des colons israéliens en Cisjordanie occupée.

Depuis, Mme Regev est devenue l'une des figures les plus actives de la campagne engagée par le gouvernement contre ce qu'il considère comme un vaste mouvement visant à saper la légitimité de l'Etat d'Israël, qu'il s'agisse des pressions internationales ou d'une initiative globale et non-gouvernementale de boycott d'Israël destinée à soutenir les Palestiniens.

Mme Regev répète à l'envi que l'Etat ne soutiendra plus financièrement des spectacles qui attentent à sa légitimité.

"Je suis sidéré", a dit l'acteur Moshe Ivgi cité dans la presse, "elle a franchi la ligne rouge depuis longtemps".

Devant le nouveau scandale causé par ses propos, Mme Regev a publié un communiqué pour assurer qu'elle ne visait que certains artistes, qui avaient dénigré l'électorat de droite. Elle affirme sa volonté de travailler avec le monde culturel et d'augmenter le budget de la culture.

"La culture n'a jamais connu une période aussi dorée", éditorialisait avec ironie le quotidien populaire Yedioth Ahronoth, "depuis que Miri Regev est ministre de la Culture, tout le monde s'intéresse au théâtre et au cinéma".