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19/06/2015 14:13 EDT | Actualisé 19/06/2016 01:12 EDT

« Est-ce qu’ils veulent nous faire des garderies du tiers-monde? »

Les acteurs du milieu des garderies tirent la sonnette d'alarme. Ils se disent dépassés par l'intention du gouvernement libéral de réduire de 74 millions de dollars les budgets des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies privées subventionnées.

La méthode du gouvernement consiste à puiser 12,9 millions dans les surplus accumulés dans le réseau. Le ministère de la Famille imposera aussi aux CPE et aux bureaux coordonnateurs une réduction globale de 2,95 % de leur budget de fonctionnement, soit quelque 38 millions. Quant aux garderies privées subventionnées, elles essuieront une réduction de 3,9 % de leur budget de fonctionnement, soit une coupe de 22 millions.

« On nous enlève de l'argent pour faire nos réparations. Il n'y a plus de gras », affirme la vice-présidente de l'Association des garderies privées du Québec, Mona Lisa Borrega, en entrevue à Radio-Canada. « On regarde l'état des routes, on regarde l'état des écoles, est-ce qu'ils veulent nous faire des garderies du tiers-monde? »

Le gouvernement demeure intransigeant. Le président du Conseil du Trésor rappelle qu'« on a changé la manière de faire participer les parents qui vont contribuer selon leurs revenus, mais c'est le gouvernement qui continue de financer le gros ». Ce qui amènera les parents qui constituent la majorité des conseils d'administration des CPE à faire des choix.

C'est « le découragement » du côté de l'Association québécoise des CPE.

Pour Louis Sénécal, directeur de l'Association québécoise des CPE, le gouvernement ne reconnaît pas l'aspect préventif de l'investissement auprès des enfants. Il ajoute que ce secteur est un levier socioéconomique qui a fait ses preuves. Il permet aux femmes de poursuivre leur carrière en conciliant travail et famille.

Le budget des CPE sera amputé de 38 millions de dollars. Selon les dernières vérifications, on va couper dans les services en orthophonie et des postes d'encadrement, rapporte Louis Sénécal. « Il y a même des CPE qui envisagent de remplacer pour certaines heures de la journée des éducatrices par des aides-éducatrices pour aller chercher une économie au niveau des salaires ».

C'est la quatrième fois que le gouvernement choisit d'effectuer des ponctions dans les surplus des CPE, des montants destinés à parer aux imprévus, soutient M. Sénécal.