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19/06/2015 05:37 EDT | Actualisé 19/06/2015 05:40 EDT

Essai routier Porsche Macan 2015 : fidèle à la réputation de Porsche (PHOTOS)

Courtoisie

Le Porsche Macan a fait beaucoup jaser depuis son arrivée sur le marché l’an dernier, quelques mois après son dévoilement officiel au Salon International de l’Auto de Los Angeles à la fin de 2013. C’est le genre de véhicule qui se fait remarquer, premièrement parce que sa diffusion est toujours limitée sur le marché et qu’il ne court donc pas les rues, et deuxièmement parce qu’il s’agit d’un nouveau modèle Porsche (une marque qui fait rêver) qui s’avère être un VUS compact de luxe (un segment prisé par la population).

Je crois que plusieurs voient le Macan comme l'un des rares modèles Porsche relativement accessibles. En raison de sa taille, et du fait qu’on sait qu’il se retrouve sous le Cayenne dans la hiérarchie de Porsche, il ouvre la porte à la croyance qu’il est atteignable sans que l’on ait à vider son compte de banque. Son prix de départ fixé à 57 200 $ encourage cette impression, et soudainement l’on se met à penser qu’il sera enfin possible de mettre un modèle de la marque allemande dans son garage.

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Est-ce que c’est vrai? Et aussi, est-ce que le véhicule mérite autant d’engouement? Est-il un produit authentique Porsche? La réponse aux deux dernières questions est un oui sans équivoque. La réponse à la première question doit cependant être nuancée. Oui le Macan est offert à moins de 60 000 $ au départ, mais comme tout modèle Porsche, les options peuvent facilement faire grimper la facture à un prix qui soudainement n’est plus si attrayant.

Deux modèles performants

Il y a deux versions du Porsche Macan offertes à l’heure actuelle au Canada. La version « de base » est le Porsche Macan S, celle qui est offerte à 57 200 $ avant taxes et préparation. Propulsé par un moteur V6 biturbo de 3,0 litres, le Macan S offre 340 chevaux et 339 lb-pi de couple (disponible à partir de 1 450 tr/min) à votre pied droit. La puissance est envoyée aux quatre roues par l’entremise d’une boîte de vitesse automatique à double embrayage comptant sept rapports et baptisée PDK. Cela lui permet d’atteindre 100 km/h en seulement 5,4 secondes.

Aussi bien le mentionner tout de suite, le Macan S offre suffisamment de puissance pour combler les attentes d’à peu près tous les acheteurs. Lorsqu’on se retrouve derrière le volant, l’on apprécie immédiatement sa capacité à bondir vers l’avant dès que l’on frôle la pédale droite. Dépasser avec le Macan S est un jeu d’enfant. Cela dit, sa puissance n’est pas trop. Elle est utilisable, contrôlable et linéaire, la vitesse montant de façon progressive même lorsque l’on écrase l’accélérateur.

L’on tombe également en amour rapidement avec la solidité et la stabilité du Macan S. La direction, un peu lourde comme dans tous les modèles Porsche, est néanmoins un véritable charme au quotidien et s’avère d’une précision impressionnante. Le véhicule semble répondre immédiatement à nos moindres gestes, mais pas de manière à nous rendre nerveux. L’on a toujours l’impression d’être maître à bord.

Cette réalité contribue également à faire du Macan un véhicule plus confortable que la moyenne de son segment. Sa solidité donne l’impression qu’il est taillé d’une pièce au passage des trous et des bosses, et le conducteur ne ressent pas de vibrations bizarres et il n’entend pas de craquements peu rassurants, même sur une route en très mauvais état. Le fait que notre modèle d’essai était équipé de jantes aux dimensions raisonnables aidait évidemment à rendre le véhicule plus confortable. Si l’on opte pour les jantes de 20 ou 21 pouces, l’on sacrifie un peu de ce confort au profit d’un style encore plus remarquable.

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Tout ce que je viens de mentionner à propos du comportement routier du Macan S s’applique au Macan Turbo, le second modèle de la gamme. Sauf qu’avec le Turbo, les accélérations et les reprises sont encore plus foudroyantes grâce à un moteur V6 biturbo de 3,6 litres dont la puissance est augmentée à 400 chevaux. Le couple grimpe quant à lui à 406 lb-pi de couple. Avec le Turbo, il faut compter 4,8 secondes pour se rendre à 100 km/h.

Alors que j’ai conduit le Macan S pendant une semaine à Montréal, ma rencontre avec le Macan Turbo s’est faite en Colombie-Britannique alors que j’allais assister au lancement du nouveau Cayenne 2015. J’ai pris le volant du Turbo à partir de Vancouver en direction de Whistler où j’ai eu l’occasion de parcourir l’une des plus belles routes au monde, la Sea-To-ski Highway. Il s’agit d’une autoroute sinueuse qui longe pendant un bon moment les eaux du Howe Sound avant de se rendre dans les montagnes qui entourent Squamish et Whistler.

C’est sur cette route que j’ai confirmé le confort du Macan lors d’un long trajet, peu importe la version, ainsi que toute la puissance que pouvait offrir le Macan Turbo. En terme simple, la puissance est simplement trop pour une route avec des limites de vitesse, mais en contrepartie la réaction instantanée du moteur et la poussée que l’on ressent dès que l’on appuie sur l’accélérateur ne peut que nous faire sourire.

L’on se sent en quelque sorte invincible dans le Macan Turbo, surtout qu’il est en mesure d’affronter n’importe quelle courbe avec confiance et que ses freins sont d’une efficacité redoutable. Avec son prix de départ fixé à 83 400 $ par contre, il exige 26 200 $ de plus que le Macan S. Son comportement encore plus dynamique et sa puissance additionnelle justifient la différence de prix, mais il faut tout de même se poser la question à savoir si nous en avons réellement besoin.

Pas le plus spacieux cependant

Bien qu’il soit un véhicule utilitaire sport, le Macan 2015 ne donne pas cette impression. En premier lieu l’on est assis plus bas dans le véhicule que dans la majorité de ses compétiteurs. Deuxièmement, son habitacle semble un peu étriqué, même si sur papier les dimensions sont similaires au reste du segment. Le coffre est un peu moins imposant que celui du BMW X3 ou du Audi Q5, ainsi que la plupart des autres compétiteurs du Macan.

Bref, si ce que l’on recherche avant tout c’est l’espace intérieur, il y a de meilleures options sur le marché, sans pour autant dire que le Macan n’est pas polyvalent. Il réussira à accueillir des objets de grandes tailles dans le coffre comme un vélo (avec la banquette rabaissée), des sacs de golf, une épicerie complète ou une bonne quantité de bagages.

Mais ceux et celles qui ne regardent que le côté pratico-pratique ne seront de toute façon pas intéressés par le Macan. Tel qu’indiqué précédemment, son prix plus élevé que les autres modèles du segment et la quantité faramineuse d’options en font un véhicule qu’il faut réellement désirer. L’on ne l’achète pas pour son espace et son rapport qualité/prix, on l’achète pour son équilibre, son exclusivité, ses performances et son comportement routier.

Comme j’ai mentionné plutôt, j’ai fait connaissance avec le Macan Turbo alors que je me rendais essayer le nouveau Cayenne. Certains m’ont déjà demandé lequel je prendrais entre les deux si j’avais le choix. Je réponds que je prendrais le Macan pour quelques années puisque je n’ai pas encore fondé une famille, et qu’ensuite je prendrais le Cayenne pour bénéficier d’un peu plus d’espace.

Conclusion

Tout ce qu’il manque à la famille Macan à l’heure actuelle est une version encore plus accessible et économique, possiblement propulsée par un moteur diesel ou quatre-cylindres. Remarquez que ces versions existent ailleurs dans le monde, mais elles n’ont pas encore fait leur chemin vers le Canada.

Cela dit, Porsche n’a vraiment pas besoin d’introduire d’autres versions. Le Macan se vend déjà très bien et ceux et celles qui sont intéressés devront probablement attendre plusieurs mois avant de pouvoir s’en procurer un. Voilà d’ailleurs son seul véritable défaut.