NOUVELLES
19/06/2015 08:19 EDT | Actualisé 19/06/2016 01:12 EDT

Cameron prône des actions sur internet pour empêcher des jeunes de rejoindre le jihad

Le Premier ministre britannique David Cameron a plaidé vendredi à Bratislava pour des mesures sur internet susceptibles de prévenir les départs de jeunes Européens désirant rejoindre le groupe Etat islamique.

Intervenant devant la conférence Globsec sur la sécurité, le chef du gouvernement britannique a estimé que l'Europe devrait se pencher sur l'internet que l'EI utilise "comme l'outil principal pour diffuser sa vision déformée du monde".

"Nous travaillons avec d'autres membres de l'UE pour mettre en place Internet Referral Unit, basée sur le modèle britannique et qui doit fonctionner le mois prochain", a souligné M. Cameron. En Grande-Bretagne, a-t-il expliqué, quelque 90.000 messages ont ainsi pu être supprimés sur le web depuis 2010 dans le cadre de la lutte contre la "propagande terroriste".

Le 1er juillet, l'organisation policière européenne Europol doit lancer cette cellule chargée de répertorier à l'échelle internationale des informations sur les sites web extrémistes.

Selon une étude citée dans le cadre de ce projet, les partisans du groupe EI ont utilisé en quatre mois plus de 46.000 comptes Twitter et produit quotidiennement 90.000 tweets et autres messages sur différents réseaux sociaux.

Dans une interview récente à l'AFP, le coordinateur de l'UE pour l'antiterrorisme Gilles de Kerchove avait estimé à 4.000 le nombre d'Européens ayant rejoint le jihad en Syrie.

Le chef du gouvernement britannique a déploré que ces jeunes recrues abandonnent "souvent leur maison aimante et aisée, de bonnes écoles et des perspectives brillantes pour parcourir des milliers de kilomètres, attacher des explosifs à leur poitrine, se faire sauter et tuer des gens innocents".

Selon M. Cameron, l'identification des motifs et des méthodes utilisées par le groupe EI pourrait fournir des instruments de lutte contre la menace.

Réunis ce week-end à Bratislava, une dizaine de dirigeants, principalement d'Europe de l'Est, se penchent sur les défis à la sécurité mondiale, des agissements de la Russie au terrorisme international, lors du 10e forum annuel sur la sécurité Globsec.

Le président français François Hollande, était lui aussi vendredi à Bratislava pour assister à un sommet distinct, celui du groupe de Visegrad formé par la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la République tchèque.

frj-mas-sw/via/alc