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19/06/2015 06:17 EDT | Actualisé 19/06/2016 01:12 EDT

Burundi: un responsable local du parti présidentiel tué dans le sud du pays

Un responsable local du parti au pouvoir au Burundi, le Cndd-FDD, a été tué dans la nuit de mercredi à jeudi par des hommes armés dans le sud du pays, a-t-on appris vendredi auprès de sources policière et administrative.

"Le président du parti Cnnd-FDD dans la zone de Gitanga, Léonidas Ndikumagenge, était en train de servir des clients dans son bar dans la nuit de mercredi à jeudi vers 21h00 lorsque un groupe de sept personnes portant des imperméables de la police et de l'armée, et armés de trois kalachnikovs, sont arrivés et lui ont tiré dessus à bout portant", a expliqué à l'AFP Dieudonné Nduwumwami, président du parti pour la commune de Matana, dont dépend Gitanga dans la province de Bururi.

"Ses assassins ont juste pris ses souliers et n'ont rien fait aux clients qui se trouvaient dans le bar, je suis convaincu qu'il a été assassiné pour des mobiles politiques", a-t-il ajouté.

Ce "crime" a été confirmé à l'AFP vendredi par la police du Burundi, qui assure qu'une enquête est en cours pour "retrouver ces criminels".

La commune de Matana a été au coeur des manifestations contre un troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010.

Le Burundi est en proie à une grave crise politique depuis fin avril, quand la candidature de M. Nkurunziza au scrutin présidentiel de 2015 a été officialisé. La capitale Bujumbura, mais aussi quelques communes de province, ont été le théâtre de manifestations émaillées de violences entre opposants au chef de l'Etat et la police.

Selon une organisation burundaise de défense des droits de l'Homme, au moins 70 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la crise.

La présidentielle burundaise est prévue le 15 juillet, après des législatives et communales le 29 juin.

Les opposants au chef de l'Etat jugent un troisième mandat anticonstitutionnel et surtout contraire aux accords d'Arusha qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006). Le clan présidentiel juge la démarche parfaitement légale.

esd/aud/sba