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Amanda Moss: réinventer la mode, une robe à la fois

Aguerrie aux rouages de la mode internationale, Amanda Moss décidait en 2012 de lancer sa propre collection de vêtements. Un saut dans l’entrepreneuriat qui s’impose comme une envie de tout changer. Se dégager du rythme effréné des tendances, renouer avec l’essentiel et l’amour du tissu, en se concentrant sur un seul produit : la robe. Féminine et intemporelle. Rencontre avec une femme de style et de cœur.

De Terre-Neuve à la mode montréalaise

Amanda Moss parle avec affection de Terre-Neuve-et-Labrador, sa terre natale. Mais son regard s’illumine au souvenir de sa première rencontre avec le Québec. « J’avais 11 ans et je suivais ma mère qui allait étudier un an à Chicoutimi. Je suis tombée amoureuse de la culture ! » En rentrant chez elle, Amanda n’a qu’une idée en tête : revenir vivre au Québec. « C’est ce que j’ai fait, deux semaines après avoir gradué. J’avais 18 ans et j’arrivais pour la première fois à Montréal ». Pendant un an, Amanda étudie intensivement le français. Une année charnière puisque c’est là qu’elle découvre que travailler dans la mode n’est pas un rêve inaccessible. « Quand j’ai vu qu’il existait des écoles de mode et que j’ai rencontré des designers indépendants, je me suis dit que c’était possible de le faire ! » Amanda intègre alors un programme d’un an en design de mode.

Dans le tourbillon de la mode internationale

En sortant de l’école, Amanda devient « assistant menswear designer » chez Dex Clothing. Propulsée dans la production à grande échelle, elle voyage en Europe pour trouver de nouvelles inspirations, et en Chine pour travailler avec les fournisseurs. La cadence est rapide, les budgets d’envergure. « Notre job était de comprendre ce que voulaient les consommateurs et de les produire le plus rapidement possible ». Mais avec le temps, Amanda s’essouffle et prend ses distances. « Je me sentais déconnectée de ce fonctionnement en mode plus, plus, plus ». Poussée par l’envie de se rapprocher de ce qu’elle aime, Amanda devient alors « head designer » chez Covet. « Pour la première fois, je dessinais des pièces que j’aimais et que je portais. J’ai même pensé un moment que j’avais trouvé ma place ». Mais le fonctionnement reste le même : détecter les tendances, produire vite, recommencer. Amanda décide donc d’arrêter. « C’est là que je me suis demandé si je n’en avais tout simplement pas fini avec la mode ! »

Les créations d'Amanda Moss

Le virage entrepreneurial

Amanda fait alors une pause. Le temps de renouer avec ses valeurs et de réfléchir à l’avenir. « Puis un jour, je suis tombée sur le blogue de la marque Sessùn. J’ai aimé le design, les images, leur façon de communiquer. Ils avaient organisé un brunch pour lancer leur collection ! Je me suis sentie de nouveau inspirée par la mode ». Encouragée par ses amis designers, dont la talentueuse Elaine Ho, Amanda Moss décide de lancer sa propre marque. « Je leur ai dit de ne surtout pas me laisser abandonner ! Et ils l’ont fait, même quand la motivation pouvait flancher ». C’est en décembre 2013, au marché de créateurs Smart Design, qu’Amanda Moss présente sa première micro collection. « J’étais entourée d’amis, c’était un endroit confortable pour oser être une marque ».

Pour une mode éthique et locale

Pour la première fois, Amanda ne voyage pas aux quatre coins du monde, mais travaille localement. « Je ne suis plus à l’affût des tendances, mais plutôt en recherche d’intemporalité. Je veux que les femmes qui achètent mes robes puissent encore les porter dans plusieurs années ». Inspirée par les formes et l’allure des femmes à travers les âges, Amanda se concentre sur un item phare, la robe, qui oscille entre deux silhouettes : une version trapèze, qui gomme les rondeurs et va à tout le monde, et une version plus ajustée, inspirée des années 1950. « Même si certaines robes sont d’inspiration vintage, je veux insuffler de la modernité. C’est pourquoi je choisis toujours des tissus de grande qualité, de préférence en fibre naturelle », explique la designer. « Trouver les bons tissus est d’ailleurs le plus grand challenge des petits créateurs comme moi. Avant, je n’avais qu’à sauter dans un avion pour aller chercher l’imprimé souhaité. Maintenant, je me heurte aux minimums imposés par les fournisseurs. Bien trop élevés pour notre petit niveau de production ! » La solution trouvée par Amanda ? « Je récupère de superbes fins de stocks de grandes marques. Cette idée de veiller à ce qu’ils ne soient pas jetés me plaît beaucoup ! »

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