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19/06/2015 06:04 EDT | Actualisé 19/06/2016 01:12 EDT

Affaire Ioukos: la Russie menace de "mesures de rétorsion" les pays "s'aventurant" à geler ses avoirs à l'étranger

Les pays "s'aventurant" à geler les avoirs russes à l'étranger s'exposent à "des mesures de rétorsion", a menacé vendredi la Russie, face à cette procédure de compensation pour les actionnaires de l'ex-géant pétrolier Ioukos, décidée par la Cour permanente d'arbitrage de La Haye.

"Ceux qui s'aventureraient à faire ça (geler les avoirs russes, ndlr) doivent comprendre qu'il y aura des mesures de rétorsion", a lancé le vice-ministre des Affaires étrangères, Vassili Nebenzia, cité par l'agence de presse Interfax, alors que des actifs du gouvernement russe ont déjà été gelés en France et en Belgique.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a peu après souligné qu'il était "inévitable" que la réponse de la Russie soit "la réciprocité". "C'est la seule façon d'agir, sur la scène internationale", a-t-il commenté.

La Russie a déjà exclu tout dédommagement, contestant le bien-fondé de la décision de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye, qui avait condamné en juillet 2014 l'État russe à verser une indemnité de 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros) aux actionnaires du groupe pétrolier Ioukos démantelé dans les années 2000 au terme d'un processus considéré comme orchestré par le Kremlin.

Parmi les comptes russes gelés en Belgique figurent notamment ceux de l'ambassade de Russie et de ses représentations permanentes auprès de l'UE et de l'Otan à Bruxelles, a indiqué jeudi le ministère russe des Affaires étrangères.

En France, des comptes dans une quarantaine de banques ont été gelés ainsi que "huit ou neuf immeubles", des "actifs gouvernementaux et non pas diplomatiques", a affirmé à l'AFP Tim Osborne, le directeur exécutif de la GML, la holding représentant l'ancien actionnaire majoritaire de Ioukos.

Face à ces saisies, la Russie "est en train" de préparer sa réponse, a prévenu M. Nebenzia. Cette dernière "ne sera pas politique, mais juridique", a-t-il précisé, sans donner davantage de détails.

L'ambassadeur de Belgique en Russie, Alex Van Meeuwen, a été convoqué jeudi soir par le ministère russe des Affaires étrangères qui a protesté contre un "acte ouvertement inamical" et une "violation grossière des normes du droit international".

Ioukos avait été vendu à la découpe en grande partie au groupe pétrolier public russe Rosneft, un acteur de taille modeste pour le secteur à l'époque, devenu depuis le principal producteur mondial parmi les sociétés cotées.

La Cour a estimée que ce démantèlement de Ioukos, alors propriété de l'oligarque et opposant au Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, avait été orchestrée pour des raisons politiques.

Arrêté en 2003 pour "détournement et blanchiment d'argent" et emprisonné pendant dix ans, M. Khodorkovski, qui réside aujourd'hui à l'étranger, s'est félicité du gel des avoirs russes en Belgique, dans un message publié sur Twitter.

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