VIVRE
17/06/2015 09:27 EDT | Actualisé 18/06/2015 03:50 EDT

Périple au Kenya, l'Afrique magique (PHOTOS)

Sarah-Émilie Nault

Tout commence par un pied que l'on pose dans un pays inconnu. Un sourire qui nous accueille comme si on rentrait à la maison. Une nouvelle forme de vie qui nous enveloppe tout entier, nous impressionne et nous soulève légèrement de terre, comme lorsque l'on se déplace au creux d'un rêve. À l'est de l'Afrique, le Kenya m'accueillait ainsi, splendide et fier. Plus vert que d'ordinaire (merci à la saison des pluies de rendre possible une telle merveille), il semblait glisser sa main dans la mienne en sachant très bien que nous allions devenir amis.

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Le safari : rêve d'une vie

Réveillée aux aurores, j'ouvre les pans de ma luxueuse tente plantée en plein coeur de la savane africaine. Devant moi, c'est tout un monde que je ne connais pas qui m'ouvre les bras, sauvage, légèrement inquiétant, mais ô combien fascinant. Je marche dans le petit sentier d'herbe fraîchement coupée, car «on se sait jamais quelle bête pourrait se cacher dans les herbes hautes» nous explique sans rire Peter, le maître du somptueux camp Kicheche. Il est vrai que je ne me trouve ni dans un parc national ni dans un endroit qu'on aurait délimité par une clôture anti-visites-impromptues-d'animaux-sauvages. Ici, c'est la savane, l'endroit de tous les possibles.

Jimmy prendra soin de nous tout au long de ces trois journées de safari. Affublé de son magnifique costume rouge traditionnel, l'élégant jeune maasaï connaît la réserve de Massaï Mara comme le fond de sa poche. Jimmy, l'ancien berger qui devait marcher une dizaine de kilomètres chaque jour pour se rendre à l'école lorsqu'il avait douze ans. Et moi, qui ai peine à croire que je parcours aujourd'hui la terre des lions, des zèbres, des girafes et des éléphants.

À bord de notre 4x4 kaki sans portes et au toit ouvert, il faut s'accrocher, car la route n'en est pas une. Dans la savane, il n'y a ni chemin ni panneaux pour se repérer. Jimmy, en constante communication avec des amis guides sur le terrain qui semble s'étendre à l'infini, balaie l'horizon du regard à l'affût du moindre animal à nous présenter. Après toutes ces années, il est pourtant tout aussi excité que nous.

À ses côtés, je vivrai des moments incomparables; le rare spectacle de deux léopards qui s'accouplent en vitesse, l'image d'un duo de lions endormi sur d'immenses branches d'arbres, un pique-nique aux abords de la rivière Mara truffée d'hippopotames, quelques cocktails au coucher de soleil luisant sur le dos de famille de zèbres et d'antilopes, la poursuite du plus énorme des papas lions, les sourires à la vue des girafes et des drôles de phacochères, les bouches ouvertes lorsqu'on se retrouvera encerclé par un troupeau d'éléphants et les yeux humides devant la tendresse de cette large famille de lions. Aux côtés de Jimmy, j'ai réalisé ce rêve d'admirer le «Big Five», ce groupe d'animaux très sélect régnant sur la savane (le lion, le buffle, le léopard, l'éléphant et le rhinocéros.)

Au Kenya, je me suis arrêtée souvent (de marcher, de parler, de photographier, de rire même) afin de me forcer à profiter de l'instant présent. Un instant qui n'allait probablement jamais repasser et que je me devais de respecter au nom de tous ceux qui auraient tout donné pour se retrouver ici, à ma place de voyageuse privilégiée.

J'ai la visite de ce village massaï gravé directement dans le coeur; la rencontre de ce peuple d'éleveurs et de guerriers aux habits colorés implantée dans la mémoire. Ma main dans la leur, j'ai dansé et sauté le plus haut que je le pouvais au son de leurs chants énigmatiques comme le veut la tradition. J'ai tenté de me faire toute petite, la tête frôlant le toit d'une de leurs minuscules cabanes en terre cuite faisant office de maison. J'ai offert de petites parcelles de bonheur venu de mon pays (des serre-tête, des balles, des autocollants) à ces enfants timides aux yeux brillants. Ils ont chanté pour moi, ils m'ont ouvert leurs petits bras. Puis, j'ai célébré le talent de leurs parents artisans en dénichant au marché les plus beaux des souvenirs africains. Des bracelets aux billes colorées, des colliers, des bijoux célébrant une vie si différente de la mienne.

J'ai pris tout un tas de photos au Kenya. Par contre, aucune d'entre elles ne peut rendre justice à la magie que ce pays inspire. Au Kenya, j'ai rêvé éveillée.

Le mont Kenya et Nairobi

Quelques jours avant mon arrivée à Massai Mara, c'est le mont Kenya qui comblait le paysage. Du haut de ses 5 199 mètres, l'ancien volcan au sommet enneigé semblait se vanter doucement d'être le plus imposant mont au Kenya et le deuxième plus haut sommet d'Afrique après le fameux Kilimandjaro. J'ai pu l'admirer à ma guise puisqu'il s'élevait là, entre les brumes qui encerclaient la vue de mon cottage du Fairmont Mont Kenya Safari Club. Beaucoup de luxe pour une petite personne telle que moi.

Entre les balades à cheval à travers le parc national du Mont Kenya et les déjeuners au lever du soleil les pieds dans la rosée sauvage, il aurait été difficile d'espérer mieux. À deux pas de l'hôtel, c'est pourtant la visite de l'orphelinat d'animaux qui m'a fait le plus sourire. En compagnie de James, visiblement l'un des favoris de la horde d'animaux, j'ai pu nourrir et interagir avec les fiers représentants d'une vingtaine d'espèces formant une belle et grande famille reconstituée; singes de toutes sortes, tortue géante, guépard, lamas, bébé léopard, autruches, petits et grands oiseaux sont soudainement devenus des animaux de compagnie, des amis. Il faisait bon de voir des orphelins dorlotés, pris en charge et adorés.

Plus loin, au Ol Pejeta Conservancy, les éléphants, girafes, buffles, zèbres, rhinocéros, singes, élans et autres animaux retrouvés en mauvaise posture dans la nature avaient le bonheur d'évoluer dans un environnement sécuritaire et contrôlé où prime la conservation de la faune. Au sanctuaire de chimpanzés, deux familles de singes se partageaient les 250 acres de forêt, sans savoir qu'il ne restait aujourd'hui que 900 000 d'entre eux dans la nature à travers le monde (alors qu'ils étaient 3,5 millions il y a tout juste 50 ans). Tout près de là, le seul rhinocéros approchable par les humains parce que devenu aveugle lors d'un combat pouvait être nourri avec émotion. Ici se côtoyaient tant de beautés et de souffrances.

De Nairobi, je n'ai eu la chance de visiter que le Giraffe Center (là où, depuis 1979, on veille sur les girafes de Rothschild sauvées d'une mort certaine et où on éduque les visiteurs autant que les locaux à vivre en harmonie avec ces incroyables animaux), l'orphelinat d'éléphants Daphne's Shieldrick, le musée Karen Blixen (l'auteur du roman transposé en film phénomène Out of Africa) et la boutique Kazuri Beads, véritable caverne d'Ali Baba de trésors en billes fabriqués par un groupe de mères célibataires kenyanes.

Je me promets de retourner un jour au Kenya, de saisir encore une fois à bras le corps les merveilles qu'elle ne demande qu'à offrir. Je veux expérimenter la folie de Nairobi, découvrir sa côte donnant sur l'océan indien, voir de mes yeux ses cinq sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO et parcourir le plus de kilomètres possible à travers ses parcs, ses vallées et ses réserves.

Pour en savoir plus sur le Kenya et sur les forfaits voyage créés pour tous les budgets, on visite le tout nouveau répertoire en ligne de l'Office du tourisme du Kenya.

Envie de vivre l'expérience kenyane dans le grand luxe? On opte pour le calme de l'hôtel Hemingways de Nairobi, le luxe du Fairmont Mont Kenya Safari Club et le spectaculaire du camp Kicheche de Massaï Mara.

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