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17/06/2015 09:11 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Victor-Lévy Beaulieu refuse d'inscrire une mention bilingue

L'éditeur et écrivain de Trois-Pistoles Victor-Lévy Beaulieu s'insurge contre une directive fédérale qui oblige les éditeurs québécois à inscrire une mention bilingue de la participation financière du gouvernement dans leurs publications.

Selon lui, si la mention « Financé par le gouvernement du Canada/Funded by the Government of Canada » ne figure pas sur les publications québécoises, la subvention ne sera pas accordée.

Pour celui que les gens appellent familièrement VLB, il s'agit de menaces.

Toutefois, l'auteur n'a rien contre le fait d'apposer cette mention en français uniquement.

« Le Québec menacé de toutes parts »

Dans une lettre adressée hier à la ministre Shelly Glover, il écrivait : « Nous nous objectons catégoriquement au fait que le gouvernement exige que nous utilisions le bilinguisme afin d'obtenir l'aide financière de votre ministère. La loi 101 a établi que le français est la langue officielle du Québec, donc sa langue d'usage. Comme Québécois, nous tenons à respecter ce qui constitue le fondement même de la loi 101. Le Québec est menacé de toutes parts, y compris par le gouvernement fédéral, par l'envahissement de l'anglais et il est impératif qu'il puisse conserver ce qui le démarque comme nation. »

VLB trouve étrange de voir cette directive au moment où, dit-il, le premier ministre Stephen Harper vient de demander à ses ministres de respecter la cause du français et de se comporter en conséquence. Pour l'auteur, il est clair qu'il s'agit d'un plan visant à affaiblir le français au Québec.

VLB se dit surpris d'avoir vu d'autres publications québécoises portant déjà une mention bilingue relativement à la contribution du Conseil des arts du Canada. Il craint donc que les autres éditeurs acceptent la directive par « aplaventrisme encore ».

Victor-Lévy Beaulieu constate que trois semaines après la publication de la directive, personne dans le milieu de l'édition ou du livre n'a émis de protestation. « Avec cette lettre, j'ai voulu que les gens soient informés de cette intrusion du gouvernement fédéral. »

Il a été impossible pour le moment d'obtenir les commentaires de Patrimoine canadien.