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17/06/2015 09:37 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

USA: la Fed s'approche d'une première hausse de ses taux en près de dix ans

La Banque centrale américaine conclut mercredi une réunion de politique monétaire où elle devrait laisser ses taux d'intérêt inchangés mais préparer le terrain à une hausse cette année, la première en bientôt dix ans.

"Le Comité de politique monétaire (FOMC) a repris sa réunion à 09H00 (13H00 GMT) comme prévu", a indiqué un porte-parole de la Réserve fédérale (Fed).

Au cours d'une conférence de presse très attendue à 18H30 GMT, la présidente de Fed Janet Yellen devrait répéter qu'il faut s'attendre à un relèvement des taux cette année.

La majorité des économistes tablent sur septembre lors d'une prochaine réunion de la Fed, qui sera assortie d'une conférence de presse.

"Vu les données économiques qui montrent désormais une claire reprise de la croissance et des signes possibles d'une accélération des salaires (...), nous nous attendons à ce que la Fed commence à relever les taux en septembre", affirment dans une note les analystes de Capital Economics.

"A moins qu'il n'y ait des mauvais chiffres ou une crise internationale majeure, ce sera à ce moment-là qu'interviendra la première hausse des taux de la décennie", a aussi assuré l'économiste indépendant Joel Naroff.

Le dernier tour de vis sur les taux américains remonte à juin 2006 lorsque l'économie sortait de la surchauffe. Il avait été suivi un an plus tard par un début de baisse des taux lorsque se profilait la crise immobilière. Descendus à zéro fin 2008 en pleine panique financière, les taux d'intérêt au jour le jour n'ont jamais été relevés depuis.

Mais en 2015 le temps est venu de normaliser la politique monétaire, assurent depuis des mois la plupart des représentants de la Fed.

Un hiver difficile et un mauvais 1er trimestre (croissance à -0,7%) ont retardé ce rendez-vous historique que les analystes prévoyaient pour le mois de juin il y a encore quelques semaines.

"Bien qu'on ne s'attende pas à ce que la Fed commence à relever les taux mercredi, c'est possible, certains membres du Comité monétaire argumenteront en faveur de cela", avertissait Chris Low économiste pour les Etats-Unis chez FTN Financial.

Maintenant que le ralentissement paraît avoir été provisoire, l'économie promet un deuxième trimestre bien meilleur. Les créations d'emplois ont fait un bond en mai (280.000) tandis que les ventes au détail se sont accélérées (+1,2%) et que la forte augmentation du nombre des permis de construire (+11,8%) fait aussi espérer un rebond tant attendu du marché immobilier.

- Grincement de dents -

La Fed doit aussi publier mercredi de nouvelles prévisions économiques.

Sauf pour celle de la croissance annuelle, qui sera sans doute affaiblie par la mauvaise performance du premier trimestre, elles devraient rester proches des précédentes annoncées en mars, a affirmé Jim O'Sullivan, économiste de HFE pour les Etats-Unis lors d'une téléconférence mardi.

La Fed prévoyait un taux de chômage de 5% à 5,2% fin 2015, proche du plein emploi (5,5% actuellement), et une remontée de l'inflation vers l'objectif de 2% pas avant 2017.

Les marchés seront aussi attentifs aux projections que donneront les membres du Comité sur l'évolution des taux.

Leurs dernières prévisions évaluaient le niveau médian des taux à 0,675% d'ici la fin de l'année, au lieu de 0 à 0,25% aujourd'hui.

Reste que d'un point de vue international, la perspective d'un resserrement du crédit américain cette année, qui devrait dans la foulée encore renforcer le dollar en le rendant plus attrayant, fait grincer quelques dents.

Le Fonds monétaire international (FMI) a plaidé pour que la Fed attende 2016 pour relever le coût de l'argent, craignant un accès d'instabilité financière dans les pays émergents notamment. Sans compter l'incertitude que fait peser la crise grecque.

A cela, Janet Yellen pourrait se contenter de répondre lors de sa conférence de presse "que la Fed garde un oeil sur la situation mais que l'économie des Etats-Unis a traversé sans trop de dégâts bien des turbulences internationales depuis la crise financière", selon Chris Low, l'économiste en chef de FTN Financial.

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