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17/06/2015 14:48 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

USA: appels pour interdire les vols en Syrie après des attaques chimiques

Une vidéo montrant des médecins tentant de sauver des enfants pâles et titubant après une attaque au chlore en Syrie, et plusieurs témoignages, ont bouleversé mercredi les parlementaires américains, suscitant de nouveaux appels à l'interdiction de survol dans ce pays.

"Le gouvernement syrien utilise du gaz de chlore en toute impunité", a dénoncé l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Syrie, Robert Ford, devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Le consensus international contre l'utilisation des armes chimiques obtenu "au lendemain de la Première guerre mondiale est en train de s'éroder progressivement".

Le président syrien Bachar al-Assad nie les accusations occidentales selon lesquelles Damas mène des attaques chimiques depuis des hélicoptères notamment dans la province d'Idlib (nord-ouest) depuis mars. Ces derniers mois, 45 attaques de ce genre ont été répertoriées.

"Les enfants syriens et les civils syriens ont droit à une protection et les Etats-Unis peuvent la fournir", a commenté le docteur Annie Sparrow, de l'Ichan school of medecine à New York.

Elle a, comme d'autres, appelé à la mise en place d'une "no-fly zone", interdiction de survol de l'espace aérien du pays, éventré par quatre années de guerre civile. Une éventualité maintes fois écartée par l'administration américaine.

Aidé d'un traducteur, le docteur Mohamed Tennari a lui raconté la nuit du 16 mars lorsqu'il a entendu des hélicoptères au-dessus de la ville de Sarmin, que des tonneaux largués ont explosé et rempli l'air "d'une odeur ressemblant à de la javel".

"Des dizaines de personnes avaient des difficultés respiratoires, leurs yeux et leur gorge brûlaient, et beaucoup avaient des sécrétions buccales", a-t-il décrit.

De son côté, le docteur Sparrow a confié n'avoir "jamais vu une façon plus indécente de tuer des enfants" ni "jamais vu personne souffrir d'une façon aussi choquante".

Le président de la commission, le républicain Ed Royce, a estimé que "la politique américaine doit changer" et que des zones de non-survol "priveraient Assad de sa mainmise sur le ciel".

"Les Syriens ne seraient plus contraints de choisir entre rester au niveau du sol où ils peuvent être tués par les shrapnels qu'Assad bourre dans des tonneaux d'explosifs, ou se réfugier dans le sous-sol et être davantage vulnérables à être intoxiqués par du gaz de chlore", a-t-il poursuivi.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé mercredi que 1.300 m3 d'armes chimiques ont été saisies en Syrie, toutes détruites.

jkb/elm/sha