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17/06/2015 05:59 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Turquie: premiers retours de réfugiés vers la ville syrienne de Tall Abyad libérée de l'EI

Les premiers réfugiés venus de Syrie en Turquie pour échapper aux combats pour le contrôle de la ville syrienne de Tall Abyad ont commencé mercredi à repasser la frontière pour regagner leur pays, a constaté une journaliste de l'AFP.

Dès le débat de la matinée, environ 200 hommes, femmes et enfants, chargés de maigres baluchons, se sont pressés sous le soleil devant le poste-frontière d'Akçakale (sud) avec l'intention de rentrer chez eux.

Appuyées par les frappes aériennes de la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis et des groupes rebelles syriens, les Unités de protection du peuple kurde (YPG) ont pris mardi le contrôle de Tall Abyad, tenue jusque-là par le groupe Etat islamique (EI).

Cette bataille a provoqué depuis début juin l'exode de plus de 23.000 personnes vers la Turquie voisine, selon des chiffres du gouvernement d'Ankara.

Les forces de sécurité turques ont rouvert leur frontière mercredi matin aux candidats au retour vers la Syrie.

"Je rentre, j'ai laissé mon mari là-bas", a déclaré à l'AFP une de ces réfugiés, Fahriye. "Mais j'ai toujours très peur des bombes. Qui ne serait pas effrayé par les bombes ?", a ajouté cette femme, âgée de 40 ans, "j'ai aussi peur du retour de l'EI, je vais rentrer et je déciderai avec ma famille si nous pouvons rester ou pas".

"Ce n'est pas si bien que ça ici, ce n'est pas comme à la maison", a estimé Mahmud, un autre Syrien de Tall Abyad avant de franchir les grilles de fer qui séparent la Turquie de son pays. "Nous voulons passer la période sainte du Ramadan dans notre pays. On s'en réjouit", a ajouté ce fermier.

Après celle de Kobané en janvier dernier, cette nouvelle victoire kurde a suscité l'inquiétude du président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan, qui s'est inquiété dimanche de "la création d'une structure qui menace (nos) frontières".

Le porte-parole du gouvernement Bülent Arinç a même accusé lundi les combattants du YPG de mener une politique de "nettoyage ethnique" dans le nord de la Syrie.

Les YPG entretiennent des relations avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 une insurrection armée en Turquie et est considéré par les autorités d'Ankara comme un groupe "terroriste".

La Turquie, qui a rompu avec le régime syrien du président Bachar al-Assad, est le principal pays d'asile des réfugiés syriens qui fuient la guerre civile. Elle en accueille aujourd'hui officiellement plus de 1,8 million.

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