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17/06/2015 14:32 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Trois Mauritaniens accusés de liens avec l'EI condamnés à la prison (source judiciaire)

Trois Mauritaniens arrêtés en octobre pour relations présumées avec des groupes liés à l'organisation État islamique (EI), ont été condamnés à cinq, sept et dix ans de prison à Nouakchott, a appris l'AFP mercredi de source judiciaire.

Les condamnations ont été prononcées mardi soir par le tribunal de la Wilaya (commune) de Nouakchott, à l'issue de leur procès qui s'était ouvert le même jour, a indiqué cette source sous couvert d'anonymat.

Elle a identifié les prévenus comme Mohamed Ould Ely, Aly Yaghob Ould Miyah et Boukhary Ould Dehane, condamnés respectivement à dix ans, sept ans et cinq ans de prison ferme.

Les trois hommes, dont les âges n'ont pas été précisés, ont comparu pour "appartenance à une organisation terroriste et détention de matériel de propagande terroriste".

Tous trois ont plaidé non coupable mais leur "allégeance avérée à Daech (EI)" a été prouvée lors du procès, a indiqué la même source. Durant l'audience, a-t-elle dit, "le procureur a fait visionner une vidéo dans laquelle les trois prêtaient allégeance à cette organisation terroriste".

D'après des informations de la presse locale, cette vidéo aurait été tournée en Mauritanie et saisie sur les inculpés, qui avaient été arrêtés en octobre 2014 à Zouérate, dans le nord du pays.

Une source sécuritaire mauritanienne les avait alors accusés de "procéder à des recrutements au profit de l'EI".

C'est la première fois que des condamnations pour liens présumés avec l'EI sont prononcées en Mauritanie, où sont emprisonnées une trentaine de personnes reconnues coupables de relations avec Al-Qaïda, dont une dizaine ont écopé de la peine capitale.

Le Sahel est devenu ces dernières années une région de trafics en tous genres et le sanctuaire de groupes armés liés à Al-Qaïda, particulièrement Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), à l'origine une émanation d'un groupe salafiste algérien.

La Mauritanie, qui a subi beaucoup d'attaques jihadistes ces dernières années, notamment des attentats et des enlèvements meurtriers, les a ensuite combattus avec succès sur son territoire, mais aussi par des opérations qualifiées de "préventives" sur le territoire de son voisin malien en 2010 et 2011, selon des spécialistes.

"Il n'y a plus aujourd'hui de terroristes (en activité) sur le sol national. Ils ne peuvent plus d'ailleurs s'approcher de nos frontières", a déclaré en mars le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

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