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17/06/2015 03:15 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Tokyo fustige la construction d'îles artificielles chinoises

Tokyo a fustigé mercredi la construction d'îles artificielles chinoises dans des zones disputées de la mer de Chine méridionale, ajoutant sa voix aux protestations américaines.

"Nous ne pouvons pas accepter cette façon d'agir comme un fait accompli", a déclaré le porte-parole du gouvernement japonais Yoshihide Suga, en exprimant les "sérieuses inquiétudes" du Japon.

"Nous exhortons la Chine à ne pas faire de gestes unilatéraux qui altèrent irréversiblement le statu quo et provoquent des tensions", a ajouté M. Suga lors d'un point de presse.

Les Chinois sont accusés de mener d'énormes opérations de remblaiement en mer de Chine méridionale, transformant des récifs coralliens en ports et en infrastructures diverses, afin de gagner du terrain sur l'eau - quelque 800 hectares ces 18 derniers mois, selon Washington - et étendre leur souveraineté.

Ainsi, selon Manille, la construction par Pékin d'une piste d'aéroport géante de 3 km de long est-elle "à 75% achevée" sur un îlot revendiqué à la fois par les Philippines et la Chine, qui "peut servir de base opérationnelle avancée pour le ravitaillement de bateaux et d'avions" chinois.

Les Philippines - qui doivent enteprendre des manoeuvres navales communes avec le Japon la semaine prochaine - reprochent à la Chine de bâtir des "bases militaires" susceptibles d'entraver la libre circulation navale et aérienne en mer de Chine méridionale. Cette zone stratégique est un carrefour de routes maritimes vitales pour le commerce mondial et recèle potentiellement d'importantes réserves d'hydrocarbures.

Le 12 juin, le Pentagone a demandé à Pékin de mettre un terme à la construction de structures artificielles dans la région et à leur "militarisation".

La Chine, dont la montée en puissance inquiète ses voisins, répond que sa souveraineté sur ces zones est "indiscutable", excipant d'"arguments historiques et juridiques".

Outre les Philippines, le Vietnam, la Malaisie et le sultanat de Brunei revendiquent leur souveraineté sur certaines parties stratégiques de la mer de Chine méridionale.

De leur côté, le Japon et la Chine se disputent le contrôle d'îles inhabitées en mer de Chine orientale, appelées Senkaku par le Japon qui les administre et Diaoyu par la Chine.

hih-agr/ros