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17/06/2015 13:03 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Risque accru de cancer du sein pour les femmes exposées in utero au DDT (étude)

Les femmes qui ont été exposées à des niveaux élevés de DDT, un insecticide, dans le ventre de leur mère ont près de quatre fois plus de risques de développer un cancer du sein à l'âge adulte, selon des chercheurs américains.

Pour leur étude parue mardi dans la revue Clinical Endocrinology and Metabolism (JCEM), ils ont retrouvé des filles de femmes qui avaient participé à un programme de santé de la Kaiser Foundation entre 1959 et 1967 en Californie.

A cette époque-là, le DDT était très utilisé, s'accumulant dans les graisses animales et entrant ainsi dans la chaîne alimentaire humaine. Cette substance toxique, identifiée depuis comme un perturbateur endocrinien, a notamment été retrouvée dans des produits laitiers et d'autres aliments.

Le DDT a été interdit depuis les années 70 dans de nombreux pays, mais il est encore utilisé en Afrique et en Asie pour lutter contre la propagation du paludisme.

Les femmes de l'étude de la Fondation, qui toutes avaient des niveaux détectables de DDT dans le sang, ont donné naissance à 9.300 filles.

Les chercheurs ont pu déterminer la teneur en DDT dans l'utérus en analysant le sang prélevé à l'époque sur les femmes enceintes ou juste après l'accouchement, et qui avait été conservé.

En consultant les statistiques médicales et en discutant avec les intéressées, les chercheurs ont constaté que les femmes dont les mères présentaient des niveaux élevés de DDT dans le sang avaient un risque presque quadruplé de développer une tumeur mammaire et, ce, indépendamment des antécédents maternels de cancer du sein.

De plus, ces cancers étaient plus avancés au moment du diagnostic.

Le niveau de DDT a été quantifié pour les mères de 118 filles ayant présenté un cancer du sein à l'âge adulte, et de 354 filles n'en ayant pas eu.

Environ 83% de celles qui ont développé un cancer du sein avaient une tumeur dite oestrogène positif. De précédentes études avaient révélé que le DDT agissait sur l'oestrogène et activait la production de la protéine HER2. Le cancer du sein HER2 positif est particulièrement agressif.

"Il s'agit de la première étude à montrer un lien direct entre une exposition de femmes enceintes à une substance chimique et des conséquences durables sur la santé de leurs filles qui ont un risque accru de cancer du sein", a souligné Barbara Cohn, de l'Institut de santé publique à Berkeley en Californie.

D'autres études avaient montré qu'une exposition au DDT pouvait provoquer des malformations, réduire la fertilité des femmes et accroître le risque de diabète adulte.

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