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17/06/2015 10:34 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Québec crée une cellule de crise pour fixer le coût de la fibre

Le gouvernement du Québec met sur pied une cellule d'intervention forestière pour déterminer pourquoi la fibre de bois coûte si cher dans la province par rapport à l'Ontario ou aux États-Unis.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, en a annoncé la création mercredi en compagnie du ministre des Finances, Carlos Leitao. Un autre ministère, celui de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, participera à l'élaboration de ce portrait visant à déteminer quels sont les coûts réels d'approvisionnement en bois pour l'industrie.

Le ministre Lessard affirme que l'industrie intime au gouvernement de s'occuper du fait que le coût de la fibre soit plus élevé au Québec. « Mais plus cher par rapport à qui et par rapport à quoi? demande le ministre. Qu'on soit sur la Côte-Nord ou en Outaouais ou en Chaudière-Appalaches, c'est différent. Donc, il faut établir une fois pour toutes de quoi on parle. »

Nombres d'entreprises se plaignent du coût élevé de la fibre. Laurent Lessard cite en exemple Tembec au Témiscamingue ou encore Chantiers Chibougamau. 

Et il y a d'autres problèmes, que cite le ministre Lessard :

  • l'Outaouais a « de la difficulté à sécuriser ses approvisionnements et à faire reconnaître son modèle d'opération avec l'usine de Fortress;
  • Produits Resolu à Maniwaki a aussi des difficultés d'approvisionnement;
  • la fermeture d'une papetière du côté de Grand-Mère a eu des impacts sur les opérations de Produits Forestiers Résolu, à Rivière-aux-Rats;
  • enfin, sur la Côte-Nord, les problèmes sont causés par la tordeuse des bourgeons d'épinettes.

Afin de favoriser la croissance, le gouvernement veut soutenir les entreprises en les aidant à moderniser leurs usines, « dans le respect des accords commerciaux », a insisté le ministre des Finances, Carlos Leitao. 

Une industrie qui a souffert

La fermeture d'une seule machine à papier à Alma récemment a entraîné la perte d'une centaine d'emplois directs, ont déploré les ministres Lessard et Leitao. 

Et quand un joueur est écarté du marché, il y a quantité de retombées car, dans l'industrie du bois, le sous-produit est important : « Dans le coût d'un arbre scié il y a 40 % qui sont des sous-produits », de dire Laurent Lessard.

Le secteur forestier a perdu 30 000 emplois dans les 6 à 7 dernières années. Il est donc passé de 90 000 à 60 000 emplois. « C'est un secteur qui a connu un déclin suite à un long cycle baissier », affirme Carlos Leitao.

Une bonne nouvelle pour la Côte-Nord

En réponse à la demande de la Côte-Nord qui réclame un plan d'intervention, le gouvernement est intervenu pour accélérer la récolte de bois et éviter la dégradation causée par la tordeuse des bourgeons d'épinette. 

« Pour les gens qui travaillent sur la Côte-Nord, le bureau de mise en marché publiera la valeur de bois sur pied qui aura un impact de réduction du coût de la fibre de plus de 2 $ le mètre cube », a déclaré Laurent Lessard.

De l'argent pour soutenir un secteur névralgique

Le ministre des Finances a rappelé que le Budget du 26 mars dernier avait prévu l'élargissement du fonds de capitalisation du bois « pour que nos papetières modernisent leur équipement ».

Le gouvernement prévoit également cette année consacrer cette année fiscale 2015-2016 plus de 540 millions de dollars afin de permettre un développement durable de la forêt québécoise.

Mais, bien qu'aidées par l'État, les entreprises doivent elles-mêmes faire leur bout de chemin, insistent les ministres Lessard et Leitao. Certaines l'ont fait. Laurent Lessard cite les Kruger, Domtar, Cascades et Fortress. 

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard se dit déterminé à agir rapidement dans ce secteur mais il ne fixe toutefois aucune échéance. Une étude quinquennale est déjà en branle au sein du ministère de la Forêt pour colliger des données.