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17/06/2015 17:07 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Négociations sur le Yémen: un membre de la délégation officielle dément être un financier d'Al-Qaïda

Un membre de la délégation gouvernementale au pourparlers organisés par l'ONU sur le Yémen, Abdel Wahab al-Humayqani, inscrit sur la liste noire du Trésor américain pour des liens financiers présumés avec Al-Qaïda, a catégoriquement démenti mercredi être lié au ce groupe.

Abdel Wahab al-Humayqani a participé à l'ouverture des négociations de paix sur le Yémen lundi à Genève où on a pu le photographier aux côtés du Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Il figure sur la liste des délégués du gouvernement en exil, en tant que représentant du parti salafiste Al-Rachad.

M. Humayqani a été inscrit en décembre 2013 sur la liste noire du gouvernement américain, qui l'accuse d'avoir financé Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqba).

"Je démens catégoriquement ces accusations et je mets au défi les Etats-Unis de les prouver", a déclaré à l'AFP ce responsable salafiste.

Il a affirmé avoir été victime d'une "machination politique" du président déchu Ali Abdallah Saleh, qui selon lui "était passé maître dans l'art d'accuser ses opposants d'être liés au terrorisme ou à Al-Qaïda".

Il a indiqué s'être mis à dos le régime car il faisait partie d'une organisation islamiste de défense des droits de l'Homme, Al-Karama, "qui défendait les victimes des attaques de drones américains et les détenus accusés de terrorisme".

M. Humayqani a été inscrit en décembre 2013 sur la liste noire du gouvernement américain, qui l'accuse d'avoir financé Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa).

Il dirigeait à l'époque une une association caritative, Al-Ruchd, qui recevait des fonds des pays du Golfe et notamment d'Arabie saoudite. M. Humayqani est originaire de la province d'Al-Baïda dans le centre du Yémen où AQPA est influent.

Un analyste proche des négociations a estimé que le gouvernement en exil avait voulu l'inclure dans sa délégation pour reconnaître le rôle joué par les salafistes dans le combat contre les rebelles houthis et leurs alliés sur le terrain.

Les partisans de son parti combattent sur le terrain au Yémen les rebelles chiites d'Ansarullah et leurs alliés.

Les salafistes, des sunnites qui prônent un retour aux sources de l'islam, sont violemment hostiles aux autres courants et notamment aux chiites.

Mais sa participation à la délégation pourrait également, estime cette source, être interprétée comme un pied-de-nez des Saoudiens, qui soutiennent le gouvernement en exil, aux Etats-Unis.

Les relations entre les deux pays alliés ne sont plus au beau fixe, les Saoudiens craignant que les monarchies du Golfe ne fassent les frais d'un accord entre l'Occident et l'Iran sur le nucléaire. Ils présentent leur campagne aérienne contre les rebelles chiites au Yémen, frontalier de l'Arabie saoudite, comme une guerre contre l'influence grandissante de l'Iran dans la région.

Al-Qaïda au Yémen vient de perdre son chef Nasser al-Wahishi dans un raid américain, un des coups les plus sévères portés à cette organisation depuis la mort d'Oussama ben Laden.

mou-at/lpt