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17/06/2015 06:58 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Négociations sur le Yémen: un financier présumé d'Al-Qaïda dans la délégation officielle

Le chef d'un parti islamiste salafiste au Yémen, inscrit sur la liste noire du Trésor américain pour des liens financiers présumés avec Al-Qaïda, fait partie de la délégation du gouvernement yéménite en exil aux négociations de paix organisées cette semaine par l'ONU à Genève.

Abdel Wahab al-Humayqani a participé à l'ouverture des négociations de paix sur le Yémen lundi à Genève où on a pu le photographier aux côtés du Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Il figure sur la liste des délégués du gouvernement en exil, en tant que représentant du parti salafiste Al-Rachad.

Les partisans de ce parti combattent sur le terrain au Yémen les rebelles zaïdites chiites d'Ansarullah et leurs alliés.

Les salafistes, des sunnites qui prônent un retour aux sources de l'islam, sont violemment hostiles aux autres courants et notamment aux chiites.

M. Humayqani a été inscrit en décembre 2013 sur la liste noire du gouvernement américain, qui l'accuse d'avoir financé Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqba).

Ce personnage controversé dirige une association caritative, Al-Ihsan, qui reçoit des fonds des pays du Golfe et notamment d'Arabie saoudite.

Originaire de la province d'Al-Baïda dans le centre du Yémen où AQPA est influent, cet islamiste radical avait nié lorsqu'il avait été placé sur la liste noire du Trésor américain soutenir Al-Qaïda.

"Je nie ces accusations et suis prêt à me présenter devant la justice yéménite pour les réfuter", avait-il dit alors à l'AFP.

Selon des sources yéménites, il a été arrêté pendant quelques mois avant la formation en 2012 de son parti pour des liens présumés avec Al-Qaïda.

Un analyste proche des négociations a estimé que le gouvernement en exil a voulu l'inclure dans sa délégation pour reconnaitre le rôle joué par les salafistes dans le combat contre les rebelles houthis et leurs alliés sur le terrain.

Mais sa participation pourrait également, estime cette source, être interprétée comme un pied-de-nez des Saoudiens, qui soutiennent le gouvernement en exil, aux Etats-Unis.

Les relations entre les deux pays alliés ne sont plus au beau fixe, les Saoudiens craignant que les monarchies du Golfe ne fassent les frais d'un accord entre l'Occident et l'Iran sur le nucléaire. Ils présentent leur campagne aérienne contre les rebelles chiites au Yémen, frontalier de l'Arabie saoudite, comme une guerre contre l'influence grandissante de l'Iran dans la région.

Al-Qaïda au Yémen vient de perdre son chef Nasser al-Wahishi dans un raid américain, un des coups les plus sévères portés à cette organisation depuis la mort d'Oussama ben Laden.

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