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17/06/2015 08:04 EDT | Actualisé 17/06/2015 08:08 EDT

L'ex-haut dirigeant Patrick Pichette défend les pratiques fiscales de Google

Mark Blinch/Reuters

L'ex-chef de la direction financière de Google, Patrick Pichette, défend les pratiques de planification fiscale de son entreprise qui ont permis à Google de réduire sa note d'impôt dans les dernières années.

Un texte de Gérald Fillion

Architecte de cette stratégie de 2008 à 2015, l'homme d'affaires affirme qu'il a respecté les règles du jeu, ce qui ne l'empêche pas de croire aujourd'hui qu'une grande refonte fiscale internationale soit nécessaire.

« On est une société, on suit les lois, a-t-il déclaré à RDI économie mercredi soir. Nous, on nous donne le jeu et on nous dit : '' joue aux cartes!'' Moi, je vais jouer avec ma main. Mais, si tu changes le jeu, je vais apprendre à jouer avec le nouveau jeu que tu me donnes, a-t-il insisté. [Les entreprises] suivent les lois telles que sont écrites aujourd'hui. Si les gens ne sont pas contents avec les lois, on est les premiers à le dire : ''changez les lois!'' »

Une pratique répandue

Google est au nombre des entreprises critiquées sur le plan fiscal. Comme Amazon, Starbucks et plusieurs autres, Google a développé une stratégie fiscale lui permettant de réduire ses impôts à payer.

Sous enquête en Europe, le géant Amazon a revu son processus de déclaration fiscale en décidant de payer ses impôts là où ses profits sont enregistrés.

« Nous, ce qu'on fait, a dit Patrick Pichette, c'est qu'on travaille directement avec l'OCDE. Il y a un gros processus, une espère de gros virage qui est train de se faire en ce moment avec l'OCDE pour une refonte fondamentale de la fiscalité internationale. C'est vraiment une question internationale et nous, on a participé de façon très active avec Pascal Saint-Amans, qui est le chef économiste de ce dossier [à l'OCDE] », a-t-il expliqué à Gérald Fillion.

« Pascal et moi, on a eu toute une série de rencontres, a-t-il poursuivi. On a travaillé avec eux pour leur donner nos informations, comment nous, on voit les choses. Puis, on espère, en fait, une refonte ».

« Je pense qu'il est temps. Tout le modèle fiscal a été bâti vraiment sur un modèle d'après la Première guerre mondiale de 1914-1918. Ça fait 100 ans, il est de faire une bonne refonte et on l'encourage. »

— Patrick Pichette

Patrick Pichette reconnaît que les multinationales comme Google ont un pouvoir important face aux instances fiscales des pays.

« On a de l'influence. Et c'est pour ça qu'on l'encourage [la refonte fiscale], a-t-il fait valoir. Au lieu de, nous, toujours recevoir les bêtises, on s'est dit qu'on va amener tout le monde à la table et on va promouvoir une refonte. Donc, on a travaillé directement avec le bon mécanisme, qui est l'OCDE. »

L'homme d'affaires dit se consacrer à sa famille et aux voyages. Il dit ne pas avoir de visées précises mais il souhaite toutefois revenir dans le monde des entreprises.

Il dit avoir quitté Google pour des raisons personnelles, mais aussi parce qu'il ne voyait pas comment il pourrait devenir le PDG de cette société fondée par Larry Page et Sergei Brin.

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