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17/06/2015 04:01 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Le chef de la diplomatie sud-coréenne pour la 1ère fois au Japon

Le chef de la diplomatie sud-coréenne, Yun Byung-se, se rendra pour la première fois au Japon le week-end prochain, à l'occasion du 50e anniversaire de la normalisation diplomatique entre les deux voisins, selon des sources diplomatiques japonaises.

M. Yun doit rencontrer dimanche son homologue japonais Fumio Kishida pour discuter de relations bilatérales, de la Corée du Nord et d'autres sujets d'intérêt commun, a précisé le ministère japonais des Affaires étrangères.

Il sera aussi question des "femmes de réconfort" coréennes, enrôlées dans les bordels de l'armée impériale nippone avant 1945, a précisé de son côté le quotidien Asahi Shimbun.

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères prendra également part à une cérémonie à l'ambassade de Corée du sud au Japon pour célébrer les 50 ans de relations diplomatiques bilatérales.

MM.Yun et Kishida se sont déjà vus en mars dernier à Séoul, mais le diplomate sud-coréen n'a jamais visité le Japon depuis son entrée en fonction en 2013, dans un climat de défiance entre Tokyo et Séoul, empoisonné par les contentieux historiques et territoriaux.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a tenté des ouvertures en direction de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, mais cette dernière a rejeté toute idée de sommet bilatéral tant que Tokyo n'aurait pas fait amende honorable pour avoir réduit en esclavage sexuel des dizaines de milliers de femmes, en majorité coréennes, dans les bordels militaires nippons.

Le Japon a reconnu en 1993 sa culpabilité dans l'exploitation des "femmes de réconfort" coréennes durant la Seconde Guerre mondiale.

A l'époque, un fonds a également été établi pour verser des réparations financières à ces femmes dites de "réconfort". Toutefois, ce fonds a été financé par des dons privés, non par le gouvernement japonais, au grand dam de Séoul.

La présidente Park a récemment fait état, dans une interview au Washington Post, de "progrès considérables" dans les négociations sur ce contentieux, qui seraient dans leur "phase finale".

Selon un récent sondage, la défiance entre le Japon et la Corée du Sud est à son plus niveau depuis des années.

Près de trois-quarts des Japonais (73%) ne font pas confiance à leur voisin tandis que 85% des Sud-Coréens expriment la même méfiance à l'égard du Japon, d'après cette enquête réalisée conjointement par le quotidien nippon Yomiuri Shimbun et le sud-coréen Hankook Ilbo. Jamais ces chiffres n'ont été aussi élevés depuis le lancement de ce sondage annuel en 1996.

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