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17/06/2015 17:54 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

"L'existence de l'euro ne dépend pas de la Grèce" (Weidmann)

L'existence de la monnaie unique européenne "ne dépend pas de l'évolution en Grèce", a estimé le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, mettant en revanche en garde contre "des conséquences difficilement contrôlables pour la Grèce" si ce pays ne remboursait plus ses créanciers.

"Des effets de contagion ne sont certes pas à exclure, du moins un Grexit (sortie de la Grèce de la zone euro, ndlr) pourrait modifier le caractère de l'Union monétaire. Mais ce dernier se modifie aussi quand des pays isolés ne prennent pas leurs responsabilités pour garantir une monnaie stable", déclare le chef de la Bundesbank, dans un entretien à paraître jeudi avec le quotidien français les Echos, ainsi qu'avec l'Espagnol El Mundo et l'Italien La Stampa.

Pour le président de la Bundesbank, "la balle est clairement dans le camp du gouvernement grec pour décider de l'avenir du pays".

"Les derniers jours montrent qu'il ne reste plus beaucoup de temps pour trouver un accord", insiste-t-il. Les ministres des Finances de la zone euro, ainsi que le Fonds monétaire international (FMI), se retrouvent de nouveau jeudi, à Luxembourg dans le cadre d'une réunion de l'Eurogroupe, pour négocier une issue à la crise, qui permettrait à la Grèce d'obtenir les milliards d'euros de prêts promis nécessaires à son maintien à flot, en contrepartie toutefois de promesses de réformes satisfaisant les autres Européens.

Mais le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a fait savoir mercredi avoir peu d'espoir qu'un accord soit trouvé dès jeudi. Son homologue grec Yanis Varoufakis a aussi dit ne pas y croire.

"Nous devons prendre garde de ne pas saper les principes de l'Union monétaire en tant qu'union stable. Les aides et la solidarité en font partie, autant que le fait de respecter les accords", avertit pour sa part Jens Weidmann.

Faute d'un accord d'ici à la fin juin, la Grèce pourrait être dans l'incapacité de rembourser au FMI quelque 1,5 milliard d'euros de prêts arrivant à échéance et pourrait alors être en défaut de paiement.

"Le renoncement aux accords et un arrêt des remboursements aux partenaires venus en aide ou à la BCE auraient des conséquences difficilement contrôlables pour la Grèce", met en garde le président de la Bundesbank, sans plus de détails.

maj/bds