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17/06/2015 11:35 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Inconduite sexuelle dans l'armée: les commentaires du général Lawson critiqués

OTTAWA - Même s'il doit quitter son poste d'ici quelques semaines, le chef d'état-major des Forces armées canadiennes (FAC) devrait tirer sa révérence immédiatement en raison des propos qu'il a tenus sur l'inconduite sexuelle, selon les libéraux.Dans une entrevue au réseau anglais de Radio-Canada, le général Tom Lawson a déclaré que les hommes étaient en quelque sorte programmés biologiquement pour avoir des pulsions les poussant à l'inconduite sexuelle.Il a ainsi suggéré, lors de cet entretien diffusé mardi soir, que «certains pourraient croire que c'est une chose raisonnable de s'imposer («press themselves») et d'imposer leurs désirs aux autres, mais cela ne devrait pas être ainsi».Le général Lawson a rapidement présenté des excuses face à la controverse que suscitait ses propos sur les réseaux sociaux après que des extraits de l'entrevue eurent été présentés sur Internet.«Je suis désolé d’avoir caractérisé maladroitement (...) l'inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes», a-t-il déclaré dans un communiqué.«Mon commentaire sur l'attirance biologique en tant que facteur d'inconduite sexuelle ne visait en aucun cas à dispenser de responsabilités les personnes ayant commis une inconduite», a poursuivi le numéro un des FAC.Mais cet acte de contrition ne satisfait en rien la porte-parole libérale en matière de défense, Joyce Murray, qui voit en ces propos l'expression de la culture de sexualisation que l'ancienne juge de la Cour suprême du Canada Marie Deschamps décrivait dans un rapport déposé le 30 avril dernier.Et ces propos aident par ailleurs «à comprendre pourquoi le rapport Deschamps n'a jamais été pris au sérieux. Ni par le chef d'état-major, ni par le ministre», a suggéré Mme Murray en mêlée de presse, mercredi matin.Elle a ainsi appelé à la démission immédiate du général Lawson, qui doit céder sa place au lieutenant-général Jonathan Vance à l'automne.«Il devrait partir maintenant. Nous avons besoin que le leadership des FAC prenne au sérieux la question de l'inconduite et de l'agression sexuelle dans l'armée et que cela soit communiqué clairement au à la population et aux membres des Forces armées», a soutenu Mme Murray.L'opposition officielle n'est pas allée jusqu'à réclamer la tête du grand patron des FAC, mais demande au ministre de la Défense, Jason Kenney, de clairement dénoncer ces propos «franchement inacceptables», a fait valoir la porte-parole néo-démocrate en matière de défense, Élaine Michaud.«Les agressions sexuelles, c'est quelque chose de criminel et ça n'a rien à voir avec la biologie (...) De voir que de telles attitudes assez archaïques persistent chez les hauts gradés, pour moi, c'est assez préoccupant», a-t-elle dit en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.Pour le moment, le ministre Kenney s'est contenté d'une déclaration écrite par l'entremise de son attachée de presse.«Le chef d'état-major de la Défense s'est excusé pour ses commentaires inappropriés. Quiconque fait le choix de servir notre pays ne devrait pas avoir à faire face à l'inconduite sexuelle», a écrit Lauren Armstrong.Elle a refusé de dire si le général Lawson avait toujours la confiance de M. Kenney.De leur côté, les députés conservateurs ont généralement soutenu que le général Lawson avait toujours sa place à la tête de l'armée canadienne.La plupart d'entre eux ont fait valoir qu'il avait présenté ses excuses, et que le dossier était donc clos.La ministre des Transports Lisa Raitt a cependant laissé tomber qu'elle était «bouche bée» lorsqu'on lui a demandé de commenter les propos de Tom Lawson avant d'entrer au caucus de son parti.