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17/06/2015 18:09 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Des sites du gouvernement canadien paralysés par une cyberattaque (ministre)

Des pirates informatiques ont paralysé mercredi pendant quelques heures plusieurs sites du gouvernement canadien, sans aucune incidence sur les données personnelles, a déclaré le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.

Un peu plus tôt, son collègue du Conseil du trésor qui fait office de ministre du budget, Tony Clement, avait annoncé que des sites comme ceux du Sénat, du ministère de l'Industrie, des Travaux publics ou des services aux citoyens avaient été attaqués.

"Je peux confirmer qu'il y a une cyberattaque contre les sites gouvernementaux", avait écrit en français M. Clement sur son compte Twitter. Le message en anglais précisait que l'attaque était ciblée sur des serveurs.

Le groupe de pirates informatiques Anonymous a revendiqué l'attaque, affirmant vouloir protester contre une nouvelle loi antiterroriste qui accroît significativement les pouvoirs des services secrets canadiens, mais sans aucun garde-fou autonome.

"A aucun moment des informations personnelles n'ont été compromises", a assuré M. Blaney en précisant que l'attaque avait été neutralisée et les sites restaurés.

"Je suis bien au fait que certains organismes ont revendiqué la cyberattaque", a dit le ministre qui a néanmoins demandé aux agences gouvernementales "d'identifier la source de l'attaque".

"La cybersécurité, c'est une priorité. C'est une menace que nous prenons au sérieux. (...) C'est un signe que l'on doit être très vigilant", a-t-il souligné.

Une porte-parole de l'opposition, Rosanne Doré Lefebvre du Nouveau parti démocratique (centre-gauche) a, au contraire, estimé que le Canada "est un peu le cancre en ce moment en ce qui a trait à la cybersécurité".

Pour M. Blaney, "il n'y a aucune justification pour s'attaquer à la propriété publique" et il a promis que "tous ceux qui enfreignent la loi feront face à la loi".

Dans une vidéo revendiquant l'attaque et diffusée sur les réseaux sociaux, Anonymous a dénoncé la loi C-51 qui, selon le groupe, viole les droits et libertés des Canadiens et vise "les groupes minoritaires et les dissidents".

"Troque-t-on notre vie privée au nom de la sécurité?", demandait une voix électronique masquée dans cette vidéo.

Le gouvernement a fait adopter cette loi en réponse aux premières attaques islamistes en sol canadien à l'automne, lors desquelles deux militaires avaient perdu la vie au Québec et au Parlement d'Ottawa.

Le texte controversé avait été adopté en dépit de l'opposition d'une vaste coalition de la société civile qui craint une surveillance systématique d'internet.

La loi pénalise la promotion du terrorisme, augmente la durée de la détention préventive de suspects par la police et étend considérablement les pouvoirs des services canadiens de renseignement, qui pourront exercer un contrôle inédit d'internet et se livrer pour la première fois à de l'espionnage à l'étranger.

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