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17/06/2015 15:06 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Des attaques-suicides ciblent les rebelles chiites dans la capitale du Yémen

SANAA, Yémen - Deux attaques-suicides et une autre explosion ont ciblé les quartiers généraux des rebelles chiites dans la capitale du Yémen, mercredi, tuant au moins quatre personnes et en blessant quelque 60 autres, ont indiqué des responsables. Plus tôt mercredi, au moins 31 personnes ont été tuées quand deux frappes aériennes de la coalition saoudienne ont touché un convoi de civils qui tentaient d'échapper aux violences dans le sud du Yémen, rapportent les autorités.Le ministère de la Santé a dit par communiqué que le bilan des victimes des attaques à Sanaa, mercredi, était «préliminaire». Les ambulances se précipitaient dans les rues de secteurs du nord et du centre de la capitale où les bureaux des rebelles houthis sont situés, alors que les musulmans à travers le monde se préparent pour le début du mois sacré du Ramadan, jeudi.Des responsables de la sécurité ont affirmé que deux kamikazes avaient conduit des voitures piégées vers les grilles de deux édifices avant de déclencher les explosifs. Ils ont indiqué qu'une troisième attaque avait ciblé un rassemblement de houthis dans le district du Dome vert de Sanaa.Pour ce qui est des frappes aériennes de la coalition, le bilan en ferait l'une des attaques les plus meurtrières depuis le début de la campagne saoudienne contre les rebelles houthis et leurs alliés, il y a trois mois.Les deux frappes aériennes ont touché un convoi de véhicules chargés de civils, dont des femmes et des enfants, qui fuyaient vers le nord depuis la ville d'Aden, qui a été le théâtre d'affrontements féroces depuis quelques mois.Les secouristes ont décrit une scène d'horreur, avec des restes humains éparpillés sur l'autoroute et des véhicules calcinés qui fumaient.Des combats intenses se déroulaient mercredi dans la province riche en hydrocarbures de Marib, à l'est de la capitale, où des tribus sunnites ont repoussé plusieurs offensives houthies contre la ville d'Al-Saheel.Des frappes aériennes ont été lancées contre les rebelles à Marib, à Sanaa, à Aden, à Taiz et dans le nord du pays, un bastion des insurgés. À Taiz, les bombardements des houthis ont coûté la vie à plus de 30 civils au cours des 48 dernières heures, selon des témoins et des responsables médicaux. Les rebelles contrôlent le tiers de la ville.Des pourparlers de paix organisés par les Nations unies se déroulent actuellement à Genève, en Suisse. Les médiateurs espèrent obtenir une trêve à l'occasion du mois sacré du Ramadan, qui débute jeudi, mais les deux camps ne semblent pas prêts à faire preuve de flexibilité.Un document dévoilé mercredi par Human Rights Watch accuse les houthis et leurs alliés d'avoir transformé le principal hôpital d'Aden, Al-Jumhouria, en zone de guerre. Lors d'un incident survenu le 19 avril, l'organisation new-yorkaise de défense des droits de la personne affirme qu'au moins deux blessés qui étaient soignés sur place ont été abattus à l'extérieur de l'établissement.Les employés de l'hôpital auraient aussi été contraints d'identifier les rebelles houthis blessés.En près de trois mois de frappes aériennes, les forces anti-houthis ont fait peu de progrès. Les violences ont tué au moins 1412 civils et en ont blessé 3423 autres, selon les Nations unies.